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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 15:53
On avait émis l'idée que la Earth Hour, cet événement médiatique lancé par le WWF, risquait d'être un échec retentissant.

Les faits ont confirmé cette hypothèse.

Des extinctions d'éclairage dérisoires ont eu lieu partout sur la planète. La photo officielle ci-contre (source Associated Press)  de Times Square, avant et pendant ce qu'il faut bien appeler un non-événement, suffit à le constater :  on dirait un jeu des 7 erreurs, niveau difficile.

Un savoureux communiqué de presse tente vainement de positiver, en attirant l'attention sur 26 scientifiques néo-zélandais qui se morfondaient dans leur base en Antarctique et ont éteint tout ce qu'ils pouvaient sans menacer leur sécurité : la lumière, les ordis... mais pas le chauffage, évidemment ! Ils ont dû se sentir encore plus seuls que d'habitude, le reste de la planète étant resté allumé.

Paris est restée plus ville-lumière que jamais, comme le montre l'image ci-dessous : le communiqué du WWF prétend qu'il a fallu rallumer la Tour Eiffel "pour des raisons de sécurité" au bout de cinq minutes - y compris le phare bleu qui balaie le ciel nocturne ? Nous ignorions que cet artifice lumineux jouait un rôle dans la sécurité civile : est-ce pour faciliter l'atterrissage éventuel des hélicoptères sur le terre-plein des Invalides ?

Un examen attentif de la courbe de charge mise en ligne par RTE montre une légère remontée (+58 MW) de la consommation nationale entre 21h30 et 21h45 ce soir-là, soit très exactement 0,1% de la consommation totale, ou bien encore la production d'une trentaine d'éoliennes.

Car le plus dérisoire dans cette initiative était qu'on pouvait rallumer les feux au bout d'une heure. C'est comme si un fumeur s'abstenait de s'adonner, 60 minutes durant, à son vice favori pour protester contre les dangers du tabac, puis rallumait vite son clope : ça fait frémir. Faut savoir dire stop*.


Paris en pleine Earth Hour
(source www.meteo-paris.com
)

Evidemment, ce pétard mouillé n'a pas échappé aux décideurs : plus sûrement qu'un indicateur de sensibilité climatique, son chuintement pathétique montre aux leaders démocratiques, Obama au premier chef, que l'opinion n'est pas prête à faire des sacrifices, même symboliques, sur l'autel du climat-et-de-l'avenir-de-nos-enfants-et-de-la-planète.

Une taxe carbone "dure", qui chercherait à réduire les émissions fossiles des particuliers, a donc de moins en moins de chances d'émerger. C'est plutôt des versions "molles" qui risquent d'être mises en place par les différentes grandes puissances pour restaurer leurs situations budgétaires et faire un peu de protectionnisme déguisé, vidant ainsi de sa raison d'être le sommet de Copenhague.

Nous sommes en pleine guerre froide économique mondiale : comment peut-on raisonnablement pouvoir traiter la question climatique en même temps ? C'est comme vouloir construire l'Union Européenne en janvier 1940.


* hommage plus que discret à Alain Bashung

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Published by Aerobar Films - dans Dérisoirement Durable
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