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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 07:24
Puisqu'en ce moment, on n'arrête pas de parler de catastrophe dès que le Dow Jones perd brutalement quelques points, arrêtons-nous un peu sur les vraies catastrophes - celles qui tuent des gens - histoire de relativiser.

La compagnie de réassurance SwissRe établit périodiquement une petite étude sur les catastrophes naturelles et techniques qui frappent l'humanité, hors conflits armés. EDIT : une mise à jour a été publiée en mars 2009 et commentée ici.

Son historique remonte jusqu'à 1970, année durant laquelle une tempête et des inondations frappa le Bangladesh et fit environ 300 000 morts. Depuis près de quarante ans, cette catastrophe est restée celle qui fut la plus létale : elle est en numéro du classement des 40 catastrophes les plus mortelles de la période 1970-2007, qui firent au total près d'un million et demi de morts.

Un peu de comptabilité morbide nous donne le graphique suivant :

Les catastrophes "tectoniques" sont dûes à des séismes, des tsunamis - celui qui frappa l'Asie du Sud-Est en 2004 est à la troisième position dans ce sinistre Top 40 des sinistres - ou des éruptions volcaniques. Elles concernent la moitié de l'échantillon.

Les catastrophes "climatiques" sont principalement dûes à des ouragans, des tempêtes et des inondations. Deux canicules y sont également comptabilisées : celle de 1976 (6 000 morts en France) et celle de 2003 (35 000 en Europe). Les inondations du Bangladesh pèsent bien évidemment lourd dans le bilan : si on les retire du décompte, les catastrophes climatiques sont seulement responsables du quart des décès.

Les catastrophes industrielles restent en nombre très limité : elles ne sont que 3 à figurer à ce Top 40.

L'effondrement du WTC, avec ses 2982 victimes, ne fait pas partie des 40 catastrophes les plus létales - mais elle est numéro 3 au classement des catastrophes les plus coûteuses, après les ouragans Katrina et Andrew.

En 39ème position des catastrophes les plus meurtrières, on trouve les 4375 victimes de la collision d'un ferry et d'un pétrolier (Philippines, 1987). Puis viennent les 6000 morts de Bhopal (Inde, 1984) et, à la seizième place... la rupture du barrage Macchu à Morvi (Inde, 1979) : 15 000 morts, excusez du peu.

A l'heure où on s'apprête à commémorer les 50 ans de la catastrophe du barrage de Malpasset, qui tua 423 personnes en France le 2 décembre 1959, on s'aperçoit donc que les froides statistiques des assureurs vont à l'encontre du sens commun en matière de perception des risques majeurs relatifs aux énergies renouvelables.

Il est malheureusement impossible de positionner l'accident de Tchernobyl sur cette échelle, car il est hors de portée du champ de l'industrie de l'assurance occidentale. Si vous regardez les clauses en petits caractères de vos polices, vous constaterez qu'elles excluent toujours de leur périmètre les risques "issus de la fission de l'atome".

Manifestement, on ne peut pas s'assurer contre de tels Cygnes Noirs...

EDIT : un lecteur nous signale qu'au moment où cet article était publié, un astéroïde de 30 à 50 mètres de diamètre aurait frôlé la Terre à 60 000 km de distance, soit simplement deux fois plus haut que nos stallites géostationnaires. Voilà qui aurait relégué la chute de Citigroup aux dernières pages des quotidiens !

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Published by Aerobar Films - dans Ruptures
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