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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 07:00
Quand les citoyens et les collectivités locales acceptent le progrès technique (autoroutes, usines polluantes et dangereuses, éoliennes, etc) en général mais pas chez eux en particulier, on appelle cela le syndrome NIMBY - Not In My Back Yard : pas dans mon jardin.

Ce syndrome est peu développé quand le pays est en plein développement. Il ne frappe généralement que les pays industrialisés. Ainsi, on peut penser qu'aujourd'hui, les habitants de la Hague, de Feyzin ou de Tricastin refuseraient de voir s'élever les cathédrales industrielles qui ont popularisé le nom de leur modeste bourgade - et cela d'autant plus que la contrepartie principale, à savoir la taxe professionnelle, vient d'être pour la première fois remise en question par le gouvernement.

Variante de ce syndrome, en version souterraine : NIMUG - Not In My UnderGround, pas dans mon sous-sol. La région Limousin en est un riant exemple.

En 1976, ladite région se voit autorisée par le Ministère des Pétété à dessiner un timbre qui la symboliserait sur les paquets et colis circulant dans l'Hexagone. Fièrement, la jeune collectivité territoriale soumet le projet ci-contre, qui sera retenu et figure désormais dans toute collection de timbres un tant soit peu sérieuse.

L'espèce de lac bleu, au milieu, représente les contours administratifs de la région. Il est entouré, dans sa partie supérieure, de feuilles d'arbre, supposées rappeler la tradition sylvicole de la région. Mais que signifie la partie inférieure du timbre ? Un projet de circuit automobile ? Le lieu de sépulture du logo de la défunte ORTF ?

Que nenni ! Tout simplement, elle cherche à évoquer les mines d'uranium qui ont fait, un temps, la fortune de la région. Celle-ci se voyait sans doute déjà devenir une espèce d'Arabie Saoudite de l'atome.

Depuis, le NIMUG a frappé : on découvre que ces mines, fermées depuis quelques années car plus assez rentables, laissent derrière elles quantité de gravats plus ou moins radioactifs. Incroyable, non ? Et tout le monde de fustiger leur ancien exploitant, Areva, en oubliant comme par hasard les rôles et responsabilités pourtant incontournables des autorités locales.

A défaut de brûler (vu qu'elle ne dispose pas de réacteur nucléaire sur son sol) ce qu'elle a adoré, la région Limousin a retiré de son logo officiel ces atomes désormais trop encombrants, et l'a paré de quelques pixels pour faire djeun's :



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Published by Aerobar Films - dans Ruptures
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