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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:00
Cela devient presque habituel : la Russie a encore une fois coupé le gaz à l'Ukraine, prétextant une facture impayée. Et comme les principaux gazoducs qui nous alimentent passent par l'Ukraine, ce qui doit arriver arrive : on constate des chutes de pression désormais partout en Europe, car l'Ukraine refuserait de priver ses concitoyens de ce méthane si indispensable pour chauffer maisons et bureaux pendant ce rigoureux hiver : elle subtiliserait donc une partie du gaz en transit pour ses besoins propres.

A la décharge du Grand Frère, il faut avouer que sa monnaie se fait pas mal chahuter en ce moment, à l'instar de la livre sterling.

Face à cette chute, toujours mauvaise pour l'ego d'une nation, il est rassurant de rappeler à ses voisins combien ils sont dépendants du bon vouloir de celui qui tient le robinet du gaz.

Surtout quand la présidence de l'UE vient juste d'échoir à la république tchèque (part russe dans ses approvisionnements en gaz : 80%) tandis que la Slovaquie passe à l'euro.

C'est qu'il s'agit pour Moscou de fêter dignement le vingtième anniversaire de la Révolution de Velours, qui vit le Parti Communiste tchécoslovaque - alors télécommandé depuis le Kremlin - abandonner ses prérogatives gouvernementales et autoriser ainsi le retour de la démocratie.

Vingt ans après, la guerre psychologique fait toujours rage entre l'Europe occidentale et la Russie. Nous avons juste abandonné le terrible jeu de la barbichette thermonucléaire pour de plus classiques manipulations de cours des monnaies et des matières premières, assorties de modernes versions des blocus d'antan.

En bons joueurs d'échecs, les Russes savent également retourner une situation critique à leur avantage : si c'est le gaz l'arme choisie, ce n'est pas par hasard. C'est très probablement parce que les installations vétustes et les gisements en cours d'épuisement sont incapables de satisfaire les engagements contractuels de Gazprom., comme le laissent présager les dernières données officielles. Pour parler simplement, la production gazière russe est en déclin. Pour ceux qui veulent approfondir leur connaissance de la situation gazière européenne, nous leur recommandons - une fois n'est pas coutume - cet intéressant article posté sur TOD Europe.

En tout cas, transformer une pénurie en blocus, c'est un coup de maître !

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Published by Aerobar Films - dans Ruptures
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commentaires

E2100 07/01/2009 11:45

Une excellent moyen employé par Aérobar pour me réveiller, puisque mon amour pour les auteurs de TOD est légendaire. Je rappelle que ces auteurs sont économistes, informaticiens ou coiffeurs, mais en aucun cas pétroliers ou même ingénieurs. Euan Mearns est un peu l'exception qui confirme la règle, mais sa capacité à faire du copié-collé - y compris de ses propres articles - me gêne chez quelqu'un qui prétend décrire le futur.
L'article de TOD choisit de définir la Russie comme hors d'Europe, c'est bien pratique ; il a aussi une tendance à perdre de vue le Cercle Arctique, encore un de mes dadas qui passe à l'as. Enfin il oublie de souligner que, si maskirovka il y a, celle-ci est pour le moment largement orchestrée par les USA, qui tentent par tous les moyens de découpler (commercialement) la Russie et l'UE, pour essayer de rendre celle-ci plus dépendante du gaz moyen-oriental (dont la réserve monstrueuse du Qatar), ce qui nous conduirait à partager un peu plus leurs problèmes et leurs vues. Les contrats gaziers sont à long terme, et il est horrible pour un américain de lire dans le journal que l'UE, le meilleur payeur qui soit à part le Japon, vient de s'engager à verser x milliards de dollars à la Russie sur 15 ans.
En ce qui concerne le pic gazier, je souligne que, si le pic pétrolier est mal maîtrisé, le pic gazier l'est plus mal encore, puisque les renseignements sur les puits à gaz datent au mieux de 1990 (alors que les puits de pétrole "produisent" des informations depuis 60 ans). BTC, Nordstream et Nabucco sont des contes géopolitiques, en aucun cas géologiques. Il paraît raisonnable de penser que le pic gazier surviendra au moins 10 ans après le pic pétrolier, si tant est qu'on constate l'un et l'autre. Compte tenu des difficultés économiques actuelles, il n'est pas exclu que cette date se situe dans la deuxième moitié du siècle.
Aujourd'hui, il faut bien admettre que l'Europe est cernée par les producteurs de gaz, et que le problème en la matière est bien plus sa valorisation et son acheminement que sa fourniture. Je souligne également que le gaz nat mis à l'atmosphère par les Russes suffirait aux besoins de 30 % de l'Europe - et je ne parle pas du Nigeria, où les Majors étatsuniennes lobbyent chaque année pour NE PAS être obligées de vendre leur gaz nat, elles le mettent majoritairement à l'atmosphère : oui, elles le "jettent". La quantité de désinformation sur le sujet est donc plus élevée que pour le liquide, et les gens de TOD, dont l'esprit critique ne leur permettrait pas de distinguer un hamburger d'un zébu pour autant qu'on leur livre sous cellophane, ne font que propager des notions qu'ils ne comprennent pas. La seule chose vraie de cet article est que la production de l'UE a piqué, ce qui n'est pas vraiment un scoop. En ce qui concerne la Norvège, sa production est contrainte par sa politique, et non pas par ses réserves ; absolument personne n'est capable de tracer leur courbe au-delà de 2020.

Philippe 07/01/2009 09:21

Et maskirovka ?

Aerobar Films 07/01/2009 21:05


Une maskirovka est un terme utilisé par les militaires russes pour décrire toute opération de diversion ou d'intoxication. L'opération alliée Fortitude, qui visait à convaincre les Nazis que le
débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais, fut une maskirovka réussie.