Cela devient presque habituel : la Russie a
encore une fois coupé le gaz à l'Ukraine, prétextant une
facture impayée. Et comme les principaux gazoducs qui nous alimentent passent par l'Ukraine, ce qui doit arriver arrive : on constate des chutes de pression désormais partout en Europe, car
l'Ukraine refuserait de priver ses concitoyens de ce méthane si indispensable pour chauffer maisons et bureaux pendant ce rigoureux hiver : elle subtiliserait donc une partie du gaz en transit
pour ses besoins propres.

A la décharge du Grand
Frère, il faut avouer que sa monnaie se fait pas mal chahuter en ce moment, à l'instar de la
livre sterling.
Face à cette chute, toujours mauvaise pour l'ego d'une nation, il est rassurant de rappeler à ses voisins combien ils sont dépendants du bon vouloir de celui qui tient le robinet du gaz.
Surtout quand la présidence de l'UE vient juste d'échoir à la république tchèque (part russe dans ses approvisionnements en gaz : 80%) tandis que la Slovaquie passe à l'euro.
C'est qu'il s'agit pour Moscou de fêter dignement le vingtième anniversaire de la Révolution de Velours, qui vit le Parti Communiste tchécoslovaque - alors télécommandé depuis le Kremlin -
abandonner ses prérogatives gouvernementales et autoriser ainsi le retour de la démocratie.
Vingt ans après, la guerre psychologique fait toujours rage entre l'Europe occidentale et la Russie. Nous avons juste abandonné le terrible jeu de la barbichette thermonucléaire pour de plus
classiques
manipulations de cours des monnaies et des matières premières, assorties de modernes versions des blocus
d'antan.
En bons joueurs d'échecs, les Russes savent également retourner une situation critique à leur avantage : si c'est le gaz l'arme choisie, ce n'est pas par hasard. C'est très probablement parce que
les installations vétustes et les gisements en cours d'épuisement sont incapables de satisfaire les engagements contractuels de Gazprom., comme le laissent présager les
dernières données officielles.
Pour parler simplement, la production gazière russe est en déclin. Pour ceux qui veulent
approfondir leur connaissance de la situation gazière européenne, nous leur recommandons - une fois n'est pas coutume - cet
intéressant
article posté sur
TOD Europe.
En tout cas, transformer une pénurie en blocus, c'est un coup de maître !