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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 07:00
On a attiré notre attention sur un très intéressant rapport toujours confidentiel concernant la voiture de 2030.

Pour la partie prospective, l'auteur a hélas dû faire appel à la méthode Delphi, dont nous avons déjà dénoncé le faible potentiel prophétique : individuellement, chacun ayant tendance à s'imaginer un avenir qui lui convient, la synthèse de points de vue d'acteurs de la filière auto actuelle est donc forcément convenue et conservatrice.

Heureusement. L'auteur a aussi mené quelques instructives analyses : ainsi, il nous chiffre l'impact de la Vmax sur la consommation, à savoir en quoi le fait de prendre en compte une certaine vitesse maximale - même si en pratique, elle n'est atteinte que quelques minutes durant toute la durée de vie du véhicule - lors de la conception du véhicule influe sur sa consommation moyenne, même en ville (page 102) :
l’accroissement de la vitesse de pointe de 10 km/h à la construction d’un modèle se traduisait par une augmentation de consommation de 0,4 à 0,7 l/100 km en ville et de 0,2 à 0,3 l/km sur route.
N'importe quelle voiture moderne (smart exceptée) est aujourd'hui conçue pour aller au moins à 180 km/h. Cela signifie qu'elle consomme de 2 à 3 litres de trop aux 100 km en ville par rapport à ce que fixerait son bon usage, notamment du fait du strict respect des limitations de vitesse.

S'il enterre avec nous le mythe de la voiture à hydrogène, le rapport tord trop vite le cou de l'auto électrique. Il souligne certes quelques inconvénients dont on parle peu, par exemple le chauffage de l'habitacle qui nécessitera une source annexe d'énergie. Mas des solutions existent, comme de petites cartouches de gaz type camping, qui permettent aisément de faire "sauter la contrainte".

Face au véhicule thermique quasi-parfait que nous connaissons, aucune alternative n'est aujourd'hui à la hauteur. Mais c'est aussi parce qu'on refuse d'envisager différemment l'usage de la voiture. Si on acceptait qu'il est rigoureusement interdit de dépasser les 130 km/h et que les voitures émettant du CO2 et des particules soient strictement bannies des centres villes, nul doute que les choses évolueraient. Mais pas forcément dans le sens des constructeurs, qui se verraient condamner à faire des voitures de moins en moins nombreuses et de moins en moins coûteuses.

Toute civilisation a le moyen de transport qu'il mérite, et non l'inverse : nous faisons une erreur en refusant d'adapter notre mode de vie pour satisfaire la viabilité à court terme d'une industrie. Alors que GM et Chrysler sont sur le point de disparaître, comment croire que l'Asie refera la même bêtise, de construire une industrie automobile incapable de se réinventer périodiquement, en fonction de l'évolution du contexte économique, environnemental et sociétal ?

Le développement durable de l'automobile, ce n'est pas de repeindre ses derniers modèles en vert, mais c'est de savoir faire disparaître proprement le paradigme actuel de l'automobile thermique et de préparer la croissance des nouveaux concepts.


Cet article a également été publié par Naturavox

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commentaires

G
OK, OK, je me rends à l'évidence : l'auto va mal!
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G
Je constate simplement que les usines Bentley ou Ferrari, elles, tournent à plein régime! Pas de crise dans le luxe!
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A
<br /> Même le luxe est touché :<br /> <br /> <br /> Bentley annonce à son tour (jusqu’au prochain évidemment) réduire ses cadences de production afin de répondre à une chute de ses ventes à l’échelon international. En septembre dernier déjà,<br /> Bentley avait réduit son volume de production d’environ 15 %. La production va ainsi être abaissée de 15 % avec, dans un premier temps, la suppression de l’équipe de nuit travaillant sur le site<br /> industriel de Crewe dans le Cheshire. Dans un deuxième temps, Bentley devrait augmenter encore le ralentissement de la cadence à hauteur de 15 %. (le blog auto, 2 décembre 2008)<br /> <br /> <br /> <br />
J
Tout à fait d'accord avec votre analyse.<br /> <br /> Le tuyau est percé de toute part, alors on préfère envoyer toujours plus d'eau plutôt que d'en changer...
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E
J'ai déjà dit que les voitures électriques devront en général se passer de chauffage. A haute vitesse (sur route), la chaleur générée par l'utilisation des batteries (10 à 15% de la puissance) sera récupérée pour chauffer l'habitacle, donc pour les longs parcours le conducteur recevra une dose minime de chauffage, qui ajoutée à l'effet de serre de l'habitacle, devrait être suffisante ; à l'opposé les parcours brefs en hiver nécessiteront le passe-montagne, et franchement je ne vois pas où est le problème. Et je ne parle pas de la clim, strictement interdite. Que ceux qui veulent continuer à utiliser des moteurs à explosion nous trouvent du pétrole, et du pétrole qui ne génère pas de CO2 pendant qu'on y est.
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A
<br /> Autre possibilité : un chauffage électrique ne fonctionnant que sur secteur, pour préchauffer l'habitacle le matin avant de partir. C'est ce qu'on fait déjà au Canada pour que les voitures<br /> démarrent (on garde surtout le moteur au chaud, en fait).<br /> <br /> Nous avons sans doute dépassé une limite invisible, celle du surconfort : comment peut-on exiger aujourd'hui qu'une voiture soit climatisée, alors que jamais dans l'histoire du transport individuel<br /> une telle fonctionnalité n'a été présente ? Et pourtant, ce sont nos aïeux qui ont repoussé sans cesse les frontières du monde connu et colonisé la planète, pas nous...<br /> <br /> <br />
G
Quand les voitures électriques cesseront de ressembler à des boîtes en plastiques, leur cause progressera beaucoup plus vite dans le coeur des passionnés d'automobiles! A quand une Aston Martin DB7 ou une Alfa 8C avec batteries au lithium!
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A
<br /> Dès que les usines automobiles auront redémarré...<br /> <br /> <br />