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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 00:00
On a déjà parlé ici à plusieurs reprises du film pessimiste et malthusien qu'est Soleil Vert.

Nous avons profité d'un soir paisible, alors que nous étions dans un hôtel très paisible d'une ville encore plus paisible de province tellement paisible qu'on se demande si elle est encore vivante, pour le revoir.

Ce film a été conçu au début des années 1970 - il est sorti dans les salles en 1973 - et décrit New York tel qu'il pourrait être en 2022, soit cinquante ans plus tard.

Imaginer de quoi sera fait un tel avenir lointain est toujours délicat : ainsi, le héros, flic de son état, dispose d'un téléphone portable, mais celui-ci est enfermé dans un coffret fermé à clé et situé en bas de son immeuble : il ne peut l'utiliser qu'au voisinage de ce coffret.

Notons au passage qu'il est assez facile de dater un film en fonction de la façon dont les héros y utilisent le téléphone. Certains films ne seraient plus réalisables aujourd'hui, maintenant que le GSM existe : qui achèterait le scénario de Duel, un camion fou poursuivant un représentant de commerce sur les routes de Californie pendant une heure et demie ? "Ben, pourquoi il n'appelle pas la police avec son mobile ?".

Mais, pour en revenir à Soleil Vert, ce qui nous a le plus frappé n'est pas une de ces inévitables petites erreurs de prospective technologique, mais la scène d'exposition où le vieux bouquiniste Sol détaille la triste condition humaine de 2022 :


"Un effet de serre. Tout est en train de griller."

C'est, à notre connaissance, la toute première fois qu'il est explicitement fait mention du réchauffement climatique dans une oeuvre grand public, trente ans avant le Jour d'Après et Une vérité qui dérange.

On ne peut pas dire que le message porta à l'époque : les mesures de concentration (hélas mesurées à l'époque seulement à Hawai) montrent bien un léger et temporaire fléchissement après la sortie du film - mais c'est à cause du premier choc pétrolier ! Les choses reprirent ensuite de plus belle.

Qu'on se rassure : on sera loin de vivre en 2022 la canicule permanente décrite dans le film, qui a oublié par ailleurs d'évoquer la montée des eaux. Avec une telle chaleur, New York devrait avoir les pieds dans l'eau.

Par contre, les problèmes d'approvisionnement en eau et en nourriture, l'entassement de citadins désoeuvrés et laissés à eux-mêmes, les scènes d'émeute ne sont pas sans nous rappeler ce qu'on a vu aux actualités en 2005, après le passage de Katrina et Rita.

Pour certains, la prospective consiste à prévoir tous les futurs possibles pour mieux choisir celui qu'on préfère.

Apparemment, malgré tous ces grands rassemblements internationaux dont le dernier vient de se terminer à Poznan, l'heure du choix n'a toujours pas sonné.

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Published by Aerobar Films - dans On a vu - on a lu...
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commentaires

Glopf 13/12/2008 10:31

Excellent article, comme d'habitude.
Concernant l'actualisation du scénario de "Duel", rien n'empêche de poser, dès les premières minutes du film, des situations qui justifient la non-utilisation du portable par le héros: vol ou perte ou déchargement de la batterie ou même problème de réseau dans les montagnes du Grand Ouest...