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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 07:00

Cette image souvent reprise sur le Web montre une excavatrice à godets en train de changer de site d'extraction. La photo a été prise en Allemagne, où de nombreuses mines de charbon sont exploitées à ciel ouvert.

De telles machines ne nécessite que quelques personnes pour les piloter et, malgré leur gigantisme, leur consommation énergétique est limitée ; l'acier nécessaire à leur fabrication - de l'ordre de 15 000 tonnes - s'obtient en un à deux jours de production d'une usine sidérurgique quelconque.

Bref, ce n'est pas le manque de moyens qui nous empêcheront d'aller extraire le charbon ou l'uranium nécessaires à notre inextinguible soif de matières premières. Crise financière ou pas, nous avons les moyens de racler, avec des ongles mécaniques s'il le faut, tous les gisements plus ou moins riches de la planète. Un jour ou l'autre - sans doute quand nous saurons capturer efficacement le carbone - on verra la génération suivante de ces géants mécaniques dévaster les riantes collines autour de Nevers ou de Saint-Etienne, où le charbon affleure en quantité.

Bien sûr, de telles machines ne sont pas gratuites. Mais si on considère que le prix du combustible représente 5%¨du coût de production électronucléaire et 30% de celui d'une centrale au charbon, et que les coûts de transport et de distribution représente le tiers du prix actuel de l'électricité, on s'aperçoit que, même si les prix de l'uranium et du charbon étaient multipliés par dix, le prix du kWh pour le particulier augmenterait de seulement 30% pour de l'électricité nucléaire, et qu'il triplerait pour de l'électricité "thermique charbon".

Dans ce dernier cas, faire tourner une machine à laver le linge coûterait 0,75 € d'électricité contre 0,25 € seulement aujourd'hui : autant dire que la dépense reste supportable. Rappelons enfin qu'en minutes de SMIC, l'électricité EDF coûte aujourd'hui moitié moins chère qu'il y a 25 ans.

Vous l'avez compris : le monde doux et sans centrales électriques que nous promettent certains optimistes fatalistes, sous prétexte qu'on arrivera jamais à exploiter la planète comme nous l'avons fait jusqu'ici, ne verra jamais le jour.

L'électricité dominera le XXIème siècle.


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Published by Aerobar Films - dans C'est les Watts
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commentaires

Antoine 11/11/2008 19:30

Un peu plus de modestie comme y incite l'étude référencée dans le "site web" :
" Les réserves prouvées de charbon sont passées de 227 à 144 années de production entre 1999 et 2005. Le charbon aura-t-il une fin brusque dès 2048, selon la tendance actuelle d'augmentation de la production, ou seulement en 2075 selon une progression plus faible de celle-ci ? "

Bon sujet de lecture, avec des données précises provenant du secteur charbonier.

" Les réserves de charbon n'ont pas augmenté malgré un prix qui a doublé entre 1999 et 2005, comme le voudrait une théorie économique simpliste selon laquelle "les réserves augmentent avec les prix". Au contraire, les réserves "prouvées" de charbon ont diminué de 14 % en tonnage. Les réserves réelles sont sans doute bien inférieures. Par exemple, sans aucune découverte nouvelle et malgré une production très importante, les réserves n'ont pas été ajustées depuis 1996 en Russie et depuis 1990 en Chine.

En réalité, la production de charbon passera par un maximum vers 2030, avec une production proche de 8.000 millions de tonnes par an, puis entrera en déclin. Comme pour le pétrole et le "peak oil", la production charbonnière passera par son "peak coal". "

Aerobar Films 11/11/2008 20:45


Quand une "étude" (celle du "site web") n'est autre que le rapport farfelu et orienté de l'Energy Watch Group, nous ne prenons même pas la peine de lire le site lui-même. Cette tendance de certains
internautes à relayer n'importe quel PDF publié sur le Net, du moment que c'est en accord avec leur point de vue, relève d'une démarche publicitaire mais certainement pas scientifique.

Quant à mesurer les réserves de charbon à l'année près (144 ans selon vous), c'est complètement ridicule et montre que vous ne connaissez rien à la géologie ni à la science en général. Jamais
entendu parler de marges d'erreur ?

Pour information, toute étude se voulant sérieuse sur l'état des réserves (et ressources) charbonnières se doit de s'appuyer sur les données de l'USGS, et être écrite par un géologue bien entendu.
Cela évite par exemple de faire l'erreur grossière de confondre réserves et ressources de charbon, comme il fait sur cette page perso qui se prend pour celle de la DGEMP (un peu plus de modestie,
justement).



Gilles 10/11/2008 00:10

euh??? si c'est tout ce que vous avez comme argument, ( en plus d'une photo d'une grosse machine ) , pour dire que la production d'énergie va certainement croitre jusqu'en 2050, c'est quand meme pas hyperconvainquant .... si vous n'avez pas d'estimation des reserves, je ne vois pas comment vous pouvez estimer une date du pic !

vu les 200 d'exploitation du charbon, je ne pense pas qu'on puisse argumenter de "plusieurs décennies de sous-investissement de prospection". Le probleme n'est pas là selon moi : il est dans l'estimation de l'impact du coût croissant d'extraction sur l'économie; soit on pense que cet impact est nul et n'empeche nullement la croissance (mais alors il faut expliquer a quel moment la croissance s'arrete...) , soit il ne l'est pas, et le rencherissement du à la dépletion des ressources faciles induira necessairement une baisse de production/consommation (ce qui devient forcément vrai à un moment ou à un autre).

Aerobar Films 10/11/2008 11:25


"il est dans l'estimation de l'impact du coût croissant d'extraction sur l'économie; soit on pense que cet impact est nul et n'empeche nullement la croissance"
L'impact de la hausse du coût d'extraction des ressources sur la croissance n'est pas nul, au contraire il y contribue ! Le PIB mesure la production industrielle, y compris celles des mines : plus
on emploie de machines et de personnel pour extraire des ressources, plus le PIB croît. Et comme l'énergie est un bien plus indispensable que les disques de Coldplay, il n'y a pas trop de souci à
avoir sur ses débouchés.

C'est bien joli de vouloir démontrer que la croissance économique est finie, mais tant qu'il y aura création monétaire, il y aura croissance du PIB. Inutile d'aller invoquer les limites physiques
de la planète, que nous sommes d'ailleurs loin d'avoir épuisée : la création monétaire n'a pas besoin d'énergie fossile pour fonctionner.


Gilles 08/11/2008 23:58

je ne vois pas en quoi la manière dont on va utiliser l'énergie change en quoi que ce soit la quantité qu'on va extraire ! et je ne vois d'ailleurs pas non plus pourquoi on changerait son utilisation si on continuait à avoir une production croissante comme avant. Il n'y a que le dernier point qui est pertinent : l'evaluation des réserves extractibles; et ça n'a rien à avoir avec la photo d'une grosse excavatrice ! alors si vous avez une estimation de la quantité de charbon et d'uranium qu'on extraira, c'est basé sur quoi, et elle est de combien ?

Aerobar Films 09/11/2008 10:14


Nous ne sommes pas géologues, nous sommes donc dans l'impossibilité de sortir un chiffre du chapeau. Notre conviction, c'est qu'après plusieurs décennies de sous-investissement dans l'industrie
minière et la propspection géologique (hors pétrole et gaz), nous sommes certainement loin d'avoir recensé précisément les ressources naturelles à l'échelle de la planète.


Gilles 06/11/2008 14:53

euh, réponse curieuse. Si on comprime les dépenses, c'est bien que la production baisse alors, sinon ce n'est pas la peine ! or si la production baisse, on sera bien obligé de comprimer les dépenses, c'est une évidence. Ce n'est pas une "solution", mais simplement une conséquence de la dépletion.

Vous dites que "ça devrait suffire pour une bonne partie du XXIe siecle", mais ça ne me satisfait pas. C'est juste une pétition de principe que vous posez, sans justification. Pourquoi le pic énergétique DEVRAIT-IL avoir lieu après 2050 et pas en 2020 ou 2030? c'est quand meme pas juste parce que ça nous arrangerait bien en tant que petit Français du début du XXIe siecle, ni parce qu'il faut faire plaisir au GIEC, ni parce qu'il faut absolument un RC catastrophique sinon c'est pas drole ! ce ne sont pas des arguments scientifiques, ça !!

Aerobar Films 06/11/2008 19:05


"Si on comprime les dépenses, c'est bien que la production baisse alors, sinon ce n'est pas la peine !"
Ce n'est pas du tout notre point. Les dépenses dont nous parlons correspondent à des biens et services parfaitement inutiles (un joueur de foot, un paquebot de plaisance) et dont on pourra, dans le
futur, décider d'une meilleure allocation.

"Pourquoi le pic énergétique DEVRAIT-IL avoir lieu après 2050 et pas en 2020 ou 2030?"Parce que des estimations sérieuses et néanmoins prudentes (EDF) ne le situent pas avant 2040, et
que nous estimons que le potentiel minier résiduel (charbon et uranium) a été sous-estimé par lesdites études.


Gilles 06/11/2008 11:48

"on ira chercher le charbon et surtout l'uranium partout où il se trouve, sans vraiment se soucier de son coût marginal. Au pire, ce ne sera pas des machines mais des hommes qu'on enverra gratter la terre, la main-d'oeuvre étant aujourd'hui une ressource surabondante."

C'est exactement ça mon probleme : pourquoi affirmer ça comme une évidence? c'est comme le raisonnement qui dit "pas grave si le prix du pétrole augmente, ça augmentera la volume des ressources accessibles donc on continuera à monter". Pourquoi ce serait vrai au XXIe siecle, et pas au XXII, au XXIII ... jusqu'au cinquantieme siècle ???


Ce raisonnement devient FORCEMENT faux a un moment, puisque la production NE PEUT PAS augmenter continuellement. Dire que ce moment arrivera forcément apres 2100 demande d'avoir une bonne théorie qui explique pourquoi ça devient faux, et pourquoi à un moment le surcoût marginal DOIT devenir insupportable. Alors, les aerobars, quelle est votre théorie sur ce qui détermine ce moment là ??

Aerobar Films 06/11/2008 14:29


Tout simplement parce que si l'énergie est si fondamentale que cela à l'humanité, on saura trouver plein de dépenses parfaitement superflues à comprimer, depuis les salaires des joueurs de football
jusqu'aux avions de ligne en passant par les paquebots de plaisance, les stations de ski ou les parcs d'attractions.

Cela ne suffira pas jusqu'au cinquantième siècle, mais nous estimons que pour une bonne partie du XXIème, ça devrait suffire. De tels sacrifices devraient par ailleurs ré-aiguillonner la R&D
pour améliorer les rendements de production, diversifier les sources et réduire les consommations.