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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 09:00
Nous avions déjà attiré l'attention de nos lecteurs sur le fait que, s'ils peuvent nous lire ici et maintenant, c'était en grande partie à cause de la deuxième bulle Internet (dite Web 2.0), rendue possible par les Années Folles de la Finance.

Nous assistons en ce moment à l'effondrement du règne de l'ultra-libéralisme, que le d'habitude sobre et réservé quotidien Les Echos a récemment comparé au communisme, autre idéologie qui n'a pas résisté à l'épreuve du temps. Cette locomotive devenue folle est en train d'entraîner avec elle un certain nombre d'institutions économiques qu'on croyait bien assises : Bear Stearns, Lehman Brothers, Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, les banques islandaises... Pourquoi des entités plus récentes et n'existant que par la grâce de l'argent facile tiendraient-elles bon dans la période naissante, où l'argent sera difficile à trouver et les consommateurs une espèce en voie de disparition ?

Prenons la plus emblématique de toutes : Google.Sa cotation a commencé en 2004, c'est-à-dire après que les marchés boursiers occidentaux furent passés par leur plus bas de la décennie. Rappelez-vous, le CAC40 avait touché les 2500 l'année précédente, alors qu'on est encore aujourd'hui au-dessus des 3400. La montée fulgurante de son cours a essentiellement reposé sur les promesses qu'elle deviendrait un jour le nouveau Microsoft.

Microsoft a un business model simple et robuste : on doit périodiquement lui acheter ses CD de Windows avec du bon argent, un peu comme on change de voiture, sans trop savoir pourquoi. Ce modèle n'est pas insensible aux récessions, car les consommateurs peuvent brutalement décider de réduire leurs achats. Ainsi, le cabinet JD Power vient de prédire une baisse brutale de -16% des ventes de voitures aux USA en moyenne sur l'année 2008.

Mais que penser du modèle de Google, entièrement fondé sur la publicité ? Que tous les annonceurs décident de couper leurs budgets en même temps, et c'en est fini de cette jeune pousse californienne, qui souffre de frais fixes monumentaux, par exemple pour maintenir en état de fonctionnement près d'un million de serveurs dans le monde entier. Et peu de temps après, la requête www. google.com vous renverra une fatale erreur 404.

On pourrait d'ailleurs penser que les investissements récents et tonitruants de Google dans les énergies vertes ne sont pas seulement un peu de greenwashing communication : l'énorme avantage du modèle du producteur énergétique, c'est que ses marchés sont beaucoup moins sujets à d'importantes variations, et que vous facturez chaque mois ce qui a été consommé, en coupant le courant à tout mauvais payeur. Annoncer qu'on évolue vers ce modèle économique, c'est aussi chercher à rassurer l'investisseur.

Impossible ? Et la nationalisation abrupte du secteur bancaire occidental, vous l'auriez qualifiée comment, il y a seulement six mois ?

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Illustration réalisée grâce au site www.googlefont.com

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commentaires

D
1.5 millions de HTC G1 pré-commandés à T-mobile, c'est ne plus entendre parler du Gphone ? <br /> Quant à la trésorerie, je pense que Google a encore qqs milliards en banque. Certes moins que MS qui en a toujours autant malgré les plans de rachat d'actions, mais il doit bien rester de quoi tenir qqs mois. 2.8 milliards d'euros de résultat net en 2007. Pas de dettes !!!
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A
<br /> Une analyse financière de Google Inc. montre que la société n'est pas la plus menacée par une grave crise économique. Une récession "ordinaire" n'aura sans doute aucun effet sur elle, à la rigueur<br /> elle dégraissera un peu dans ses effectifs de R&D.<br /> <br /> Le passage au statut d'opérateur de télécom est plus délicat, le choix du 17 septembre n'est rétrospectivement pas des plus heureux pour lancer un produit de grande consommation alors qu'un tiers<br /> des consommateurs déclarent vouloir restreindre leurs dépenses.<br /> <br /> Mais bon, Google est bein gérée et plutôt solide. A choisir, nous préférerions y mettre quelques euro plutôt que dans Facebook...<br /> <br /> <br />
D
Certes Google dépend du marché publicitaire. Mais je vous rappelle qu'ils sont payés au click et pas à la campagne. La crise ne va pas beaucoup faire baisser les taux de clicks. En revanche les enchères sur les mots-clefs seront moins hautes. Google va donc voir une baisse de ses revenus. Mais aussi de ses coûts (partage des revenus en échange de la génération de trafic). Au final, je pense qu'ils seront capables de conserver une marge positive. Certes, il vont prendre la crise de plein fouet, mais nettement moins, je pense, que les acteurs de la publicité traditionnelle.
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A
<br /> La marge n'est pas tout : à fonctionner avec une forte croissance, Google doit avoir de forts besoins en trésorerie. Qu'il ait des difficultés à faire face - crise bancaire oblige - et c'est la<br /> faillite. Dans ce cas-là, Microsoft sera sans doute trop heureux de se payer Google à bon compte.<br /> <br /> Tiens, au fait, on n'entend plus parler du Gphone...<br /> <br /> <br />
K
Votre blog est tres agreable a parcourir.<br /> merci.
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A
<br /> A bientôt et merci !<br /> <br /> <br />