Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 07:00
En ce moment, crise financière et prix du pétrole ont fait momentanément oublier la question climatique. Le GIEC semble se reposer sur ses lauriers et en Europe, la météo actuelle, parfaitement normale si ce n'est un peu fraîche dans le Nord, ne fournit pas de prétexte pour que les journalistes stagiaires de l'été remettent le sujet à la une.

Pourtant, en cherchant dans l'actualité, quelque chose de bien réel s'est produit :
Le mal mystérieux des jeunes huîtres est élucidé (Les Echos)

L'Ifremer a trouvé l'origine de la vague de mortalité qui frappe les jeunes huîtres sur le littoral français depuis le début de l'été. En cause, un virus et une bactérie déjà connus, mais très virulents.
(...)
A ce stade, les scientifiques ne savent pas si c'est la présence couplée des deux micro-organismes qui explique l'importance de la mortalité, car, à vrai dire chacun, pris individuellement, peut tuer les jeunes huîtres. Ils estiment en revanche que la douceur du dernier hiver a favorisé le développement de ces deux agents pathogènes. La clémence des températures a provoqué la prolifération de phytoplancton, dont les jeunes huîtres se sont gorgées, stimulant au passage la sécrétion prématurée de gamètes (cellules sexuelles), ce qui a réduit leurs défenses immunitaires. La virulence des souches responsables de leur mortalité a fait le reste.
C'est aux fêtes de fin d'année 2009-2010, lorsque ces huîtres manqueront sur les étals des poissonniers et écaillers, que le grand public prendra complètement conscience de la catastrophe qui est survenue cette année dans les parcs ostréicoles français. Catastrophe n'est pas un mot trop fort, car au moins un tiers de la classe d'âge concernée a été perdue, selon l'IFREMER.


Ceux qui seront allés passer des vacances sur le littoral atlantique cet été auront vu d'autres signes d'une transformation de l'écosystème littoral : nous avons personnellement constaté ce mois-ci que, sur les rochers du Cotentin, le varech brun et les algues laminaires ont quasiment disparu. Ils ont été remplacés par des algues vertes, qui profitent également de l'eutrophisation du milieu marin, découlant de l'usage intensif des engrais.

Inutile d'aller à l'autre bout du monde pour constater la transformation profonde des écosystèmes que nous effectuons : partout sur Terre, l'Anthropocène a déjà commencé.

Partager cet article

Repost 0
Published by Aerobar Films - dans Ruptures
commenter cet article

commentaires