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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 11:10
Al Gore, qui se présente humoristiquement comme l'ex-futur Président des Etats-Unis, a décidé de marcher dans les pas de Kennedy en matière de vision ambitieuse, bien loin des promesses de Gascon des véritables candidats :
Aujourd'hui, je défie notre pays de s'engager dans la production d'électricité issue du renouvelable, de sources d'énergies propres à 100 % et dé-carbonée dans les 10 ans à venir. Cet objectif est réalisable, abordable et générateur de transformation. Il représente un défi pour tous les Américains - dans tous les secteurs de la vie - à la fois pour les dirigeants politiques, les entrepreneurs, les innovateurs, les ingénieurs et tous les citoyens
Ne nous leurrons pas : dans les sources d'énergies "propres à 100%", il y a probablement l'énergie nucléaire. Mais un tel objectif "d'une électricité à 100 % d'origine renouvelable et véritablement propre dans les 10 ans" a autrement plus de panache que le "vingt-vingt-vingt" de l'Union Européenne - 20% de renouvelables en 2020 - qui rejette aux calendes grecques la remise en cause de notre mix énergétique.

Il est vrai qu'avec le veillissement de la population européenne, l'esprit conservateur et traditionnaliste ne peut que se renforcer. Dernier en date, l'Institut Montaigne, un think tank "indépendant" nous gratifie d'un rapport anti-éolien :
L'objectif de 25.000 mégawatts affiché lors du Grenelle de l'Environnement se traduirait, s'il était atteint, par un surcoût annuel moyen de 1 milliard d'euros pendant la période 2008-2020 et dépasserait les 2,5 milliards au-delà de 2020
C'est cher, donc ne faisons rien. Exactement l'inverse du raisonnement à l'américaine qui considère l'investissement comme une opportunité et non une contrainte.

Ce document a été rédigé par un élève-ingénieur (même pas diplômé !) mais cautionné par des gens prestigieux (hommes politiques et dirigeants d'entreprises) : ses conclusions sont bien entendu relayées par la presse. Aucun des journalistes ne souligne que toutes ces personnes sont peut-être pleines de bonnes intentions mais qu'elles sont parfaitement incompétentes en matière énergétique.

De plus, elles nient implicitement l'enjeu climatique en se contentant d'une lecture comptable du Grenelle ; à ce titre-là, l'Institut mériterait de s'analyser lui-même en se demandant si les nombreuses subsides qu'il reçoit de ses sponsors ne sont pas des dépenses inutiles et que ces sommes seraient mieux utilisées pour financer des vrais projets énergétiques et non du papier, même recyclable. Rappelons, pour conclure, le point de vue d'Upton Sinclair que cite Al Gore dans Une vérité qui dérange :
Difficile pour un homme de comprendre une chose si son salaire dépend de ce qu’il ne la comprenne pas
Il en est de même pour les lobbys.
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commentaires

F
Je me demande si l'europe qui est aujourd'hui probablement la plus avancée en matière d'énergie renouvelable, ne va pas finalement se retrouver le cul par terre lorsque les autres puissances se décideront vraiment à investir dans cette voie.
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