Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 15:06
On a récemment vu que l'amont pétrolier (l'exploration-production) était capable de raconter n'importe quoi, et qu'il était donc difficile de s'appuyer sur leurs annonces officielles pour estimer si nous étions proches ou non du pic pétrolier.

Dans l'aval (le raffinage), on parle moins, mais on agit. Les dernières données issues du BP Statistical Review of World Energy montre que la capacité mondiale de raffinage continue de croître à rythme soutenu.
Le raffinage est une industrie lourde et fortement capitalistique : l'unité de mesure des investissements y est le milliard de dollars. Compte tenu de telles mises de départ, les investisseurs regardent à deux fois avant d'augmenter les capacités : ils ne mettent l'argent sur la table que s'ils sont sûrs que la raffinerie, une fois construite, tournera à plein pendant plusieurs années.

Le fait que l'industrie pétrolière mondiale poursuive sans mollir ses investissements en raffinage nous amène donc à penser qu'elle ne considère pas comme imminent le plafonnement mondial de la production de pétrole brut. Autrement dit, elle parie avec son argent que le pic pétrolier n'est pas pour demain.

Il est vrai que, dans le passé, on a vu des industries capitalistiques poursuivre leurs investissements alors que ces capacités supplémentaires étaient inutiles. La sidérugie française des années 1980 reste sans doute l'exemple le plus emblématique : n'ayant pas vu la fin des Trente Glorieuses, les deux leaders du secteur, Usinor et Sacilor, ont creusé leur tombe en s'épuisant dans une guerre des capacités.

Dans le cas du raffinage, on peut considérer que les acteurs industriels ont tiré les leçons de ce passé : depuis le deuxième choc pétrolier, le secteur a su maintenir une situation proche de la saturation pour sauvegarder les marges bénéficiaires, malgré plusieurs aléas de conjonctures majeurs, dont l'effondrement de l'URSS.

Si on crédite l'industrie pétrolière capable d'anticiper, mieux que nous-mêmes, la date probable du pic pétrolier, et compte tenu du temps nécessaire pour rentabiliser l'investissement dans une raffinerie (5 à 7 ans minimum), on peut en déduire que le pic pétrolier surviendra moins d'une décennie après que les capacités mondiales de raffinage aient commencé à plafonner.

L'industrie pétrolière parie donc pour l'instant  - avec beaucoup d'argent - sur un pic pétrolier au-delà de 2013.
Partager cet article
Repost0

commentaires

P
Cette article qui "recule" le pic .<br /> <br /> Et le précèdent qui "avance" le RR/CC , qui nous "acculent".<br /> <br /> Me font penser a une célèbre chanson de salles de gardes ,<br /> (Que, rigoureusement ma mère m'a défendu de nommer ici...)<br /> <br /> Pardon pour cette, digression , mais je part en WE avec une angoisse , et je reviens sur ce blog avec une deuxième .
Répondre
A
<br /> Allons allons, il te faut aller voir l'article du jour : bien avant le PO, bien avant le RC/CC, il y a... l'EGP (European Gas Peak) !<br /> <br /> <br />