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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 22:15
Un remarquable document récemment publié par la Banque Mondiale met en avant un nouveau dysfonctionnement du protocole de Kyoto.

On sait déjà que les mécanismes d'attribution des crédits d'émission, ces permis de polluer, sont bourrés de défauts et issus de négociations complaisantes envers les émetteurs de gaz à effet de serre (GES).

Les fameux marchés d'échange desdits crédits ont eu des fortunes diverses, le plus connu d'entre eux (PowerNext Carbon) ayant réussi à diviser par 100 la valeur d'une tonne de CO2 en un an, ce qui était exactement à l'inverse de ce pour quoi il était conçu.

Cette fois-ci, le problème est dans les fameux projets de compensation : ces projets sont supposés réduire les émissions de GES des pays émergents, ce qui leur permet de produire des crédits d'émission à revendre aux pays développés.

C'est par ce mécanisme que de nombreuses personnalités engagées, de Jean-Louis Borloo à Al Gore en passant par Yann Arthus-Bertrand, rassurent leurs partisans : certes, déclarent-ils, je pollue, mais je donne de l'argent à hauteur de mes émissions pour financer des projets de compensation.

Pas de bol : ces projets n'existent pas. Ou plutôt, ils restent sur le papier.

Car la bureaucratie mise en place pour le suivi de Kyoto n'arrivent à pas à valider les projets qu'on lui présente : il y a aujourd'hui deux ans d'attente. Principale cause évoquée : il n'y a pas assez de certificateurs, ces personnes qui vérifient que chaque projet réduira bien effectivement les émissions des montants annoncés par leurs promoteurs.

Et que devient alors l'argent donné par les compensateurs ? Sans doute s'accumulent-ils dans les fonds qui jouent les intermédiaires entre les promoteurs de projet et les contributeurs. De là à se demander si ceux-ci ne placent pas, en attendant, ces sommes sur les marchés à terme des énergies fossiles...

Pendant ce temps-là, l'anomalie de banquise arctique vient de repasser au-dessus de la barre du million de km² fondu. Ainsi fond, fond, fond...

Dérisoirement durable.

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Published by Aerobar Films - dans Dérisoirement Durable
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