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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 22:52
Nous en avons énervé au moins un avec notre point de vue sur un pic peut-être pas si proche que ça, malgré les prix records du baril que nous connaissons actuellement.

Certains se demandent toutefois pourquoi les prix ne retombent pas alors que, selon l'IFP par exemple, de nouvelles capacités de production arrivent sur le marché et seraient capables de faire mieux que combler le déclin des gisements existants.

La spéculation joue certes un rôle... fondamental en ce moment, mais il faut également savoir qu'en théorie, sur un marché de commodités, le prix de marché se fixe à la valeur la plus élevée demandée par un des vendeurs, même si ce dernier n'approvisionne la communauté des acheteurs que de façon très marginale.

Un exemple simple : dans le charmant village de Champignac-en-Cambrousse, 20 ménagères consomment chaque jour une salade verte fraîchement cueillie. Sur la place de ce village se tient un marché où 3 paysans viendront vendre le fruit de leur récolte ; appelons-les Hop, Hep et Hof.

Hop a 10 salades à vendre, Hep 8 et Hof 2. Hop et Hep ont des fermes productives qui font qu'ils peuvent vendre leurs salades 1 € pièce et rentrer dans leurs frais. Hof, par contre, cultive sa salade en plantation hydroponique off-shore, ce qui fait qu'elle lui revient à 5 € pièce.

Que va-t-il se passer ? Comme Hop et Hep savent que les 20 ménagères achèteront 20 salades (elles sont complètement addict à cet or vert), et donc que Hof arrivera bel et bien à vendre ses deux malheureuses salades à 5 €, ils se posent vite la question "pourquoi lui et pas nous ?"

Une rapide étude de l'élasticité-prix de la demande en salade verte sur les dernières années leur montre qu'il y a très peu de risques que la demande se contracte pour un prix de 5 €.

Plus d'hésitation : cinq minutes après que le garde-champêtre a déclaré le marché ouvert, la salade se vend à 5 € pièce, que ce soit chez Hop, Hep ou Hof. Le maire, libéral pur sucre, se félicite du bon fonctionnement de son marché qui offre le même prix pour tous "grâce à l'effet bénéfique de la concurrence".

Et le soir, Hop et hep se frottent les mains de satisfaction devant leur tas d'euro....

Mais l'histoire n'est pas finie ! Car les ménagères se sont organisées en comité pour faire baisser les prix, et elles demandent instamment à Hop et Hep de produire au moins 2 salades de plus pour que les conditions de marché leur redeviennent favorables. Elles ont compris que si 22 salades - dont 20 dont le prix minimal de vente est à 1 € - sont sur les étals demain, les prix finiront par redescendre.

Et évidemment, Hop et Hep leur répondent publiquement qu'ils vont faire tout ce qu'ils peuvent, qu'il n'y aucun risque de pénurie, mais que leurs champs réunis ne pourront toutefois pas produire plus d'une salade supplémentaire : ils éventent ainsi la théorie du pic-de-salade-était-hier... mais maintiennent les prix à des niveaux élevés.

Le maire décide alors de créer un marché à terme de la salade...

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commentaires

Phyvette 07/05/2008 01:10

Fadaise ! A 5€ deux ménagères , appelons rmi et rma trouve les salades trop cher rmi, se passera de salade et rma fera une salade de pissenlits qui est une salade gratuite.

En qq jours le marché sera excédentaire et les prix retomberont a 1 € . Hof pour survivre devra produire deux fois plus de salade pour les vendre moins cher . Si rmi et rma se trouve bien dans leurs nouvelles approches de la salade avec 22 salades pour 18 clientes les prix tombent à 20cts la pièce.

Aerobar Films 07/05/2008 08:25


Cette hypothèse n'est pas exclue, elle sous-enteznd que l'élastcité n'était en fait pas si nulle que ça, et égale à ((18-20)/20)/((5-1)/1) = -2,5%

Par contre, Hof ne pourra pas vendre ses salades à 0,20 € trop longtemps, à moins qu'il ne réussisse à se faire nationaliser :-)