Nous en avons énervé
au moins un avec notre point de vue sur un pic peut-être
pas si proche que ça, malgré les prix
records du baril que
nous connaissons actuellement.
Certains se demandent toutefois pourquoi les prix ne retombent pas alors que,
selon l'IFP par exemple, de nouvelles capacités
de production arrivent sur le marché et seraient capables de faire mieux que combler le déclin des gisements existants.
La spéculation joue certes un rôle...
fondamental en ce moment, mais il faut également savoir qu'en théorie, sur un marché de
commodités, le prix de marché se fixe à la valeur la plus élevée demandée par un des vendeurs, même si ce dernier n'approvisionne la communauté des acheteurs que de façon très marginale.
Un exemple simple : dans le charmant village de Champignac-en-Cambrousse, 20 ménagères consomment chaque jour une salade verte fraîchement cueillie. Sur la place de ce village se tient un marché où
3 paysans viendront vendre le fruit de leur récolte ; appelons-les Hop, Hep et Hof.
Hop a 10 salades à vendre, Hep 8 et Hof 2. Hop et Hep ont des fermes productives qui font qu'ils peuvent vendre leurs salades 1 € pièce et rentrer dans leurs frais. Hof, par contre, cultive
sa salade en plantation hydroponique
off-shore, ce qui fait qu'elle lui revient à 5 € pièce.
Que va-t-il se passer ? Comme Hop et Hep savent que les 20 ménagères achèteront 20 salades (elles sont complètement
addict à cet or vert), et donc que Hof arrivera bel et bien à vendre ses
deux malheureuses salades à 5 €, ils se posent vite la question
"pourquoi lui et pas nous ?"
Une
rapide étude de l'élasticité-prix de la demande en salade verte sur les dernières années leur montre qu'il y a
très peu de risques que la demande se contracte pour un prix de 5 €.
Plus d'hésitation : cinq minutes après que le garde-champêtre a déclaré le marché ouvert, la salade se vend à 5 € pièce, que ce soit chez Hop, Hep ou Hof. Le maire, libéral pur sucre, se félicite
du bon fonctionnement de son marché qui offre le même prix pour tous
"grâce à l'effet bénéfique de la concurrence".
Et le soir, Hop et hep se frottent les mains de satisfaction devant leur tas d'euro....
Mais l'histoire n'est pas finie ! Car les ménagères se sont organisées en
comité pour faire baisser les prix, et elles
demandent instamment à Hop et Hep de produire au moins 2 salades de plus pour que les conditions de marché leur redeviennent favorables. Elles ont compris que si 22 salades - dont 20 dont le prix
minimal de vente est à 1 € - sont sur les étals demain, les prix finiront par redescendre.
Et évidemment, Hop et Hep leur répondent publiquement qu'ils vont faire tout ce qu'ils peuvent, qu'il n'y aucun risque de pénurie, mais que leurs champs réunis ne pourront toutefois pas produire
plus d'
une salade supplémentaire : ils éventent ainsi la théorie du
pic-de-salade-était-hier... mais maintiennent les
prix à des niveaux élevés.
Le maire décide alors de créer un
marché à terme de la salade...
En qq jours le marché sera excédentaire et les prix retomberont a 1 € . Hof pour survivre devra produire deux fois plus de salade pour les vendre moins cher . Si rmi et rma se trouve bien dans leurs nouvelles approches de la salade avec 22 salades pour 18 clientes les prix tombent à 20cts la pièce.
Par contre, Hof ne pourra pas vendre ses salades à 0,20 € trop longtemps, à moins qu'il ne réussisse à se faire nationaliser :-)