Dans les médias, il est courant de trouver tout et son contraire quand on parle d'élasticité de la demande en pétrole.
Qu'est-ce que l'élasticité de la demande ? Les économistes parlent plus précisément d'élasticité-prix de la demande : c'est une valeur qui caractérise en quoi la demande concernant un produit donné
est sensible à son prix.
Les produits de luxe ont, par exemple, une élasticité positive : jusqu'à un niveau de prix très élevé, la demande augmente avec le prix ! A l'opposé, les produits grand public "superflus" comme les
bananes ou les casquettes ont une élasticité négative : leur consommation s'effondre si le prix monte. Quant aux produits de première nécessité, leur élasticité est nulle : on les achète quel que
soit le prix - jusqu'à un certain niveau bien entendu.
Nous avons décidé de nous faire notre propre opinion sur la question. Après un petit tour sur Wikipédia pour récupérer une
définition consensuelle, nous avons donc rapproché les variations de la demande et les variations du prix du baril, grâce aux
incontournables
données BP. Il n'est pas possible de mesurer l'élasticité sur une période plus courte qu'une
année, du fait des phénomènes de pompage entre production, consommation et stocks tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
Mis à part 2002 qui est une année-charnière pour le prix du pétrole (alors de... $28 le baril en dollars 2006) et au voisinage de laquelle la mesure n'est pas forcément
représentative, on constate que la fameuse élasticité est quasi-nulle, et généralement très faiblement positive depuis... le deuxième choc pétrolier.
Autrement dit, le pétrole est bien aujourd'hui un produit de première nécessité. Et le caractère plat de l'élasticité-prix sur les dernières années laisse présager qu'on est encore loin de la
zone de prix à partir de laquelle la consommation va chuter - et l'élasticité devenir négative.