Dans les milieux économiques, quand on a trop utilisé l'expression "pays émergents", il reste un joker : BRIC.
BRIC, c'est une
abréviation commode pour
Brésil, Russie, Inde et Chine. On dit parfois BRICS pour inclure dans la liste l'Afrique du Sud (
South Africa).
L'expression est jolie mais elle mêle des pays qui n'ont pas grand-chose à voir : le Brésil est un pays en émergence lente, la Russie est plutôt une ancienne grande puissance en ré-émergence et si
Inde et Chine sont déjà plus proches du point de la vue de la géographie, il est néanmoins clair qu'on aurait du mal à confondre Bombay et Shanghai.
La
crise financière actuelle, et probablement la récession qui va la suivre aux Etats-Unis, risque de faire éclater
encore plus cet ensemble : Inde et Chine ont une économie en grande partie liée à celle des Etats-Unis.
Si la récession est vraiment là, les consommateurs états-uniens risquent de bouder les
Chinese goodies étalés dans les rayonnages de Wal-Mart, et de moins fréquenter les
call
centers de la grande distribution, qui risquent d'être remplacés par des répondeurs automatiques.
Ajoutons à cela le protectionnisme rampant qui commence à hanter les couloirs de Washington et qui pourrait fermer encore plus l'accès au marché US des produits de l'Inde et de la Chine.
Brésil et Russie sont plus sereins : ils exportent leurs ressources naturelles plutôt que des heures de travail à bas coût. Et même quand les ménages occidentaux sont moroses, ils ont toujours
besoin de céréales, de viande et d'hydrocarbures.