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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 18:44
Si la paix mondiale se poursuit encore pendant de nombreuses années - on peut toujours espérer -  il est probable que nous assistions à la fin d'une industrie qui, pourtant, se présente aujourd'hui comme renaissant de ses cendres : l'énergie nucléaire.

atomic-park.jpgCette industrie est née de l'effort de guerre. Les réacteurs à eau pressurisée qui peuplent les campagnes de France et d'autres pays sont dérivés de réacteurs initialement conçus pour équiper des sous-marins. Si la construction des bombes A n'avaient pas nécessité la construction d'une filière industrielle d'enrichissement d'uranium et de production de plutonium, aucun industriel ni même aucun Etat en paix n'aurait consacré les moyens financiers pour créer ex nihilo l'amont de l'électronucléaire, une fois la paix rétablie. Et seules la conception et la fabrication de la bombe A permettent de justifier, aux yeux d'une nation, la création des universités et des centres de recherche à même de former les milliers de physiciens, d'ingénieurs et de techniciens nécessaires à l'élaboration d'une filière électronucléaire.

Aujourd'hui, on nous annonce le nucléaire civil comme en plein redécollage. Réchauffement climatique et épuisement des combustibles fossiles rendraient cette énergie incontournable.

Mais dans les faits, les projets réels sont peu nombreux et traînent en longueur. Les jeunes ingénieurs ne rêvent plus des carrières atomiques de leurs aînés. Les économistes rappellent que, dans tous les scénarios, le nucléaire ne restera que la portion congrue du mix (en français : tartiflette) énergétique. Certains doutent qu'on puisse trouver suffisamment d'uranium fissile sous terre pour simplement satisfaire les besoins actuels d'ici seulement quelques décennies. Le développement de la fameuse Génération Quatre, qui produit plus de combustible qu'elle n'en consomme, progresse tel un glacier : son avancée semble inexorable, mais l'évaporation de ses ressources en menace plus sûrement l'existence. Les démocraties occidentales peinent à imposer de nouveaux réacteurs auprès d'une population de plus en plus méfiante vis-à-vis des prétendues sources de bienfaits technologiques. Les pays émergents, nouvel eldorado atomique, posent des problèmes de prolifération. Et à trois milliards d'euro les 1500 MW installés, l'investissement reste hors de portée de l'opérateur électrique ordinaire - sans parler des coûts de démantèlement qu'il faut provisionner.

Bref, l'industrie électronucléaire est trop lourde. Sans de vaillants (et riches) militaires pour en co-supporter la charge, elle s'essoufle, elle suffoque sous son propre poids. L'atome civil se meurt, non pas sous les coups de ses détracteurs, mais de sa propre obésité, inscrite dans ses gènes.

Voilà sans doute pourquoi la moindre éolienne déclenche la fureur de beaucoup d'ingénieurs nucléaires : refusant le triste destin de la technologie à laquelle ils ont consacré leur vie professionnelle, ils voient, dans ces modernes moulins trop visibles, de commodes boucs émissaires. "Elles sont trop vertes, disent-ils, et bonnes pour les goujats !"

Il est vrai que l'éolien lui-même connaîtra probablement quelques accidents de parcours. On constate déjà aujourd'hui un désamour des investisseurs pour les fermes éoliennes en pleine mer, alors qu'elles était présentées par les experts de la question comme l'avenir du secteur il y a un an encore.

Mais, malgré de telles péripéties, les éoliennes continuent de fleurir sur la surface terrestre, alors que les centrales nucléaires qu'on nous annoncent aujourd'hui resteront peut-être toujours à l'état de dragons de papier.

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Cet article a également été publié sur NaturaVox

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Published by Aerobar Films - dans Ruptures
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commentaires

Gilles Couturier 18/05/2008 03:36

Pas de problèmes les gars, j'ai ce qu'il nous faut. Les Russes, las des guerres froides refroidies, revendent leurs chars militaires une bouchée de pain à tous ceux qui peuvent justifier d'un projet pacifique. J'ai donc acheté un euro un char Sukoy et ai installé ma maison dessus. La tourelle est juchée d'une lance de dragueline de vingt et un mètres qui fait office de mat d'éolienne réglable en fonction de l'origine du vent. Elle me gonfle des bombonnes d'air comprimé qui chacune me donne quinze kilomètres d'autonomie. Avec les panneaux solaires eux aussi déployés du coté où le soleil va se lever, je peux charger mes accus et assurer le courant pour la journée entière jusqu'au matin suivant. Ainsi, si la terre se réchauffe, non seulement, je peux avancer deux fois plus vite dans l'autre sens mais en plus j'arrive me détourner des cyclones annonçés par mon ordi-radar-intégré !

Tout va bien sur ma planète, je suis prêt !

Voici mon numéro de fone : le Bip bip bip ...

Aerobar 24/03/2008 23:39

En fait, je triche un peu, je prends la courbe actuelle ASPO avec le pétrole ET le gaz. Mais le gaz est plus que jamais le fossile de l'avenir ! Autant le charbon est vite décrié, autant le méthane reste paré de toutes les vertus, on en mangerait presque :)

Personne n'a encore étudié précisément le forçage positif qu'en train de créer les agrocarburants : les pays tropicaux déforestent à donf' pour en fabriquer et ça, c'est bien pire que le PO, même à court terme. Quand c'est coupé, c'est coupé :-(

Phyvette 24/03/2008 17:04

T'est vraiment sur de ça:
BBl per capita 1939=2050

Alors que la population mondiale sera passée de 2.2GH (Wiki) , à 9 ou 10 GH env. ?

Il faut prévenir d'ugence ceux qui ne croit pas au RC pour cause de PO , et bien sur crée un fil de discution sur Oléo.

Ca va "braire" un ch'tio peu, min billoute

Aerobar 23/03/2008 09:38

Le souhaiter, bien sûr que non. Mais il faut reconnaître que l'effort de guerre donne un coup d'accélérateur sans équivalent à la recherche technologique.

Nous avons malheureusement encore le temps : même dans les pires scénarios ASPO, il y aura encore autant de barils par habitant en 2050 qu'il y en avait... en 1939.

Phyvette 22/03/2008 21:36

Doit on souhaiter pour autant une nouvelle conflagration planètaire , ou pour le moins une guerre froide bis , pour que l'adage terreplatiste,

"Ils trouveront bien quelque chose"

se réalise ?