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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 19:06
Chaque année, sous l'en-tête "Panorama",  l'Institut Français du Pétrole publie une série de notes de synthèse sur les problématiques énergétiques fossiles.

Pour 2008, le thème choisi est  "Les nouveaux débouchés du charbon : quels risques pour le changement climatique ?". Vous y trouverez l'état de l'art en terme des usages à la mode du charbon, y compris des sujets encore réservés aux initiés comme le chemical looping.

undefinedEn introduction à ce thème, on trouve quelques fiches récurrentes sans rapport, comme par exemple celle traitant de l'offre et la demande pétrolières.

Cette fiche parle une seule fois de "pic", mais à propos du cours plafond du pétrole et non du maximum de la production pétrolière. Par contre, elle utilise plusieurs fois le terme de "plateau" et conclut en avant-dernière page :
La croissance continue de l'offre semble peu probable et un plafonnement de la production avant 2020 n'est pas à exclure.
Le graphe ci-contre laisse même entendre une entrée sur le plateau d'ici 2012, à condition que la demande continue de croître malgré les prix désormais élevés du pétrole et qu'aucun champ significatif n'entre en production. Ce graphe inclut apparemment les carburants alternatifs (GTL, CTL et agro-carburants) que l'IFP estime contribuer à 12% de la croissance totale de l'offre en carburants liquides sur la période 2007-2012.

L'IFP, prudente, sait qu'il est difficile d'afficher des estimations de production au-delà du délai de réalisation des investissements (5-7 ans aujourd'hui pour un champ offshore) et ne tombe donc pas dans le piège des estimations à horizon 2050 et plus, dont la marge d'erreur devient rapidement aussi grande que la valeur elle-même.

L'interprétation par l'IFP des mécanismes de pricing du baril est discutable sur certains points (notamment la prise en compte insuffisante de la dégringolade du dollar), mais elle est très intéressante sur d'autres, comme la considération d'une cotation du baril représentative non pas du coût moyen mais du coût marginal : le prix spot est celui auquel sont achetés les derniers barils, et ce prix est au moins égal au prix de revient de la ressource de production la plus chère, à savoir l'offshore profond, que l'IFP estime généreusement à $65 le baril. Cela peut paraître excessif, mais n'oublions pas que 65 dollars 2007 équivalent à... 40 dollars 2001. L'explosion des coûts de développement, dont se plaignent amèrement les compagnies pétrolières, s'explique lui aussi par une devise états-unienne en déconfiture.

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Published by Aerobar Films - dans Au Pays de l'Or Noir
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