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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 20:21
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La grève des scénaristes bat son plein à Hollywood. En vidéo, elle assèche les séries TV, lentement mais sûrement. Au cinéma par contre, la tactique est différente : il s'agirait plutôt d'une grève du zèle, et les monteurs seraient solidaires du mouvement.

Le dernier Christmas popcorn movie en est le premier exemple : l'adaptation du conte pour enfants A la Croisée des Mondes par le studio néo-zélandais New Line Cinema, capable du meilleur (Le Seigneur des Anneaux) comme du pire (King Kong) réussit à transformer le synopsis en béton fourni par le livre en une espèce de zapping déstructuré.

Lle tome I de cette trilogie est à peu près respecté dans sa première partie, malgré les contraintes imposées par les nécessités de l'exposition. C'est à partir du milieu du film que les Monteurs Fous ont décidé de jouer au bonneteau : l'héroïne, censée se faire enlever par les Samoyèdes pour être livrée à la Station Expérimentale arctique, y ira de son plein gré par la grâce d'un plan de coupe fourni par un scénariste sans scrupule ("Salut, je me balade toute seule dans le Grand Nord,  j'ai vu de la lumière, je peux entrer ?"). Entretemps aura eu lieu le combat des ours des glaces, qui a toute sa place dans le livre APRES la bataille de la Station Expérimentale et non AVANT.

Enfin, la fin vient beaucoup plus vite que prévue : au lieu d'une dernière scène poignante avec Asriel, manipulant ses machines à Poussière sous un ciel étoilé, où on peut voir une ville d'un autre monde à travers une brèche, on a droit à un sirupeux dialogue à la Rambo ("Nous devons faire ce qui doit être fait", etc), pendant lequel le spectateur attend fébrilement le générique de fin. La scène amputée sera sans doute réinjectée comme exposition d'A la Croisée des Mondes II...

Bref, que vous ayez lu le livre ou pas, inutile de vous précipiter en salle obscure pour découvrir cette adaptation et priez pour qu'un jour sorte en DVD la Director's Cut qui remettra ce coûteux jeu de taquin dans le bon ordre. Si vous ne pouvez pas attendre, lisez le livre... ou, si vous êtes paresseux et/ou désargenté, procurez-vous l'album Panini qui présente correctement l'intrigue - avec des images des scènes manquantes si vous réussissez à vous procurer les vignettes autocollantes correspondantes - et dévoile ainsi le remontage inepte auquel on a soumis les rushes numériques.



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Published by Aerobar Films - dans On a vu - on a lu...
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