Dimanche 13 avril 2008

Le Crédit Suisse a publié son estimation des dépréciations dûes aux crédits subprime, allant encore plus loin que celle du FMI.

Le montant correspondant, de 650 milliards de dollars, dépasse donc largement la capitalisation boursière d'ExxonMobil selon Yahoo! Finance.

Par contre, il reste encore du travail pour atteindre celle de Mitsubishi (102 mille milliards de dollars).

Si cette estimation est exacte, cela signifie que le pire reste encore à venir.

Maintenant, comme on murmure que Crédit Suisse doit prochainement annoncer encore quelques milliards de pertes, c'est peut-être une façon d'en minimiser l'importance : "nous n'avons perdu qu'une dizaine de milliards d'euro dans cette crise, c'est l'épaisseur du trait par rapport à d'autres..."
par Aerobar Films publié dans : Les billets aussi sont verts
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Samedi 12 avril 2008
Steve Glanville, le développeur désintéressé d'Anim8or, le gratuiciel de modélisation et de rendu 3D à l'origine de la plupart de nos vidéos, travaille à la mise au point d'une version raytracing de son logiciel.

Sans rentrer dans la technique, il s'agit d'algorithmes de rendu 3D qui permettent de reproduire les effets de réflexion et de réfraction des surfaces.

Nous sommes en train de tester une preview très prometteuse.

Nous devrions pouvoir introduire encore plus d'effets flatteurs de jeux de lumière dans nos prochaines réalisations, du genre de l'image ci-contre, retravaillée depuis sa publication originale dans Subprime Street.
par Aerobar Films publié dans : Les billets aussi sont verts
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Vendredi 11 avril 2008
Dans son dernier courrier, le climatologue médiatique James Hansen sonne le tocsin :
Notre conclusion est que, si l'humanité souhaite préserver une planète similaire à celle sur laquelle la civilisation s'est développée et pour laquelle la vie sur Terre est adaptée, [la concentration atmosphérique en] CO2 doit être ramenée de son niveau actuel de 385 ppm jusqu'à 350 ppm. Nous avons trouvé que le pic de CO2 pourra être contenu à ~425 ppm, même avec des estimations (largement) généreuses pour les réserves de pétrole et de gaz, si on cesse d'utiliser le charbon d'ici 2030 (sauf si le CO2 est capté et stocké) et que les combustibles fossiles non conventionnels ne sont pas significativement exploités. Le pic de CO2 peut être maintenu proche de 400 ppm si les réserves effectives sont plutôt proches de celles estimées par les "piquistes" (les gens qui croient que nous sommes déjà au pic de production mondiale, ayant extrait environ la moitié des ressources pétrolières facile d'extraction).
Ce maximum plus faible de 400 ppm peut être garanti (en supposant qu'on cesse les émissions dûes au charbon d'ici 2030) si une limitation concrète des réserves est mise en oeuvre au moyen d'actions empêchant l'extraction de combustibles fossiles des terres appartenant à l'Etat, des régions off-shore sous contrôle du gouvernement [états-unien], des régions à l'environnement immaculé et des environnements extrêmes.
Contrairement à ce que prétendent encore les piquistes, le pic pétrolier n'atténue donc pas sensiblement  le réchauffement climatique : quelles que soit les réserves de pétrole et de gaz, c'est bien le charbon qu'il faut mater d'ici une génération.

Et en attendant, si on peut éviter d'aller forer en Alaska ou en Arctique (un environnement extrême et immaculé)...

On pourra juste reprocher à Hansen d'oublier les échelles de temps dans son portrait d'un monde au-delà des 450 ppm :
désintégration des calottes glaciaires, montée rapide du niveau des mers, extermination incalculable d'espèces
Ces conséquences funestes, certes réelles, ne seront probablement constatées qu'à la fin du siècle ou au début du suivant. Nous aurons largement le temps d'ici là de nous atomiser mutuellement.

Il est à noter que le courrier de Hansen fait référence à sa toute dernière publication (encore en cours de relecture si notre mémoire est bonne), où il annonce notamment que la sensibilité climatique serait plutôt de 6°C que de 3°C, sur la base d'analyses paléo-climatiques. Gavin Schmidt, qui n'est pas non plus un rigolo sur ces questions, jette un oeil scientifique critique (et anglophone) à ce doublement soudain. Nous consacrerons prochainement un article à ce point de vue.


par Aerobar Films publié dans : PO/RC
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Jeudi 10 avril 2008

Ca ne va pas fort pour la monnaie britannique.


Ce graphe, établi d'après les données de la BCE, montre un brutal décrochage de la livre sterling face à l'euro, amorcé l'été dernier, c'est-à-dire pile au moment de l'éclatement de la bulle des subprime.

Aujourd'hui, l'euro vaut 0,80 £, soit, pour utiliser une conversion plus parlante, la livre vaut 8 francs.

On ne voit pas pourquoi la tendance ne se prolongerait pas au moins jusqu'à l'été prochain : cela ferait arriver la livre au cours historique de un euro exactement, et éventuellement plonger sous ce niveau. Voilà qui ne va pas arranger l'amour-propre de nos voisins d'Outre-Manche.

L'économie britannique n'avait pas besoin de cela. Elle est en effet contaminée depuis plusieurs années par la terrible maladie anglo-hollandaise : l'hypertrophie de ses secteurs pétro-gazier et financier a désséché quasiment toute l'activité industrielle du Royaume, car on gagnait plus, en tant que particulier comme en tant qu'entreprise, à s'occuper de finance, d'immobilier ou d'énergie.

Maintenant que la finance n'a plus la cote et que l'immobilier s'effondre, il ne reste plus que l'énergie comme destination porteuse. Mais les champs de la Mer du Nord s'épuisent, les centrales électriques sont vétustes et le Royaume-Uni se trouve aujourd'hui dans la situation - inimaginable il y a quelques années - de devoir importer du gaz naturel après vingt ans d'exportations massives et d'acheter en catastrophe des centrales nucléaires aux froggies.

Car il est hors de question d'investir dans d'autres centrales au gaz, et encore moins dans des centrales au charbon, vu l'envolée des prix sur ce sale combustible. Il reste bien un peu de charbon dans les houillères anglaises, mais son coût d'extraction est prohibitif, contrairement aux USA qui en font toujours une source d'énergie d'avenir.

Côté transports, la situation n'est guère plus reluisante : le système ferroviaire britannique n'a pas retrouvé sa prestance d'avant les années Thatcher, et les compagnies aériennes low cost qui l'ont concurrencé doivent compter les jours avant leur faillite annoncée pour cause de pétrole cher... et de clientèle subitement moins dépensière.

Certains évoqueront l'argument positif classique lorsqu'une monnaie se dévalue : cela favorise les exportations. Mais qu'est-ce que le Royaume-Uni peut encore nous vendre... à part des dettes ?
par Aerobar Films publié dans : Les billets aussi sont verts
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Mercredi 9 avril 2008
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, défend sa position au sein du débat parlementaire sur le projet de loi concernant les OGM :
J'appelle chacun à prendre ses responsabilités. Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis, j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient.
Une prise de position assez courageuse, relative aux suites données au Grenelle de l'Environnement, face à ses deux "chefs", Copé (Président de son groupe parlementaire) et Borloo (son Ministre d'Etat).

Espérons qu'on ne va pas nous la remplacer par Claude Allègre...
par Aerobar Films publié dans : Personnalité du jour
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Mardi 8 avril 2008
Selon les laboratoires du Fonds Monétaire International, le subpremium (en anglais subprime), ce nouvel élément chimique découvert il y a peu, ne serait pas un élément lourd comme nous l'avions précédemment publié, mais bien ultra-lourd.

Avec un poids atomique de 565 milliards de dollars, il pèse à peu près autant que le quart du PIB de la France, comme on peut le constater sur notre page des ordres de grandeur.
par Aerobar Films publié dans : Les billets aussi sont verts
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Mardi 8 avril 2008


Il y a eu la Première (World War I ou WW1) et la Deuxième Guerre Mondiale (WW2). Il n'y a eu par contre qu'une seule Guerre Froide (Cold War ou CW). Et si la Deuxième Guerre Froide avait commencé ?

La tension devient en effet palpable entre le monde occidental et la Chine.

Les derniers problèmes de contrefaçon ont été montés en épingle pour écorcher l'image de la Chine, qui était encore il y a quelques années la nouvelle frontière du capitalisme mondial.

Depuis un an, les consommateurs américains développent des réactions allergiques face aux produits made in China qui envahissent leurs étalages - cela dit, ils les achètent quand même.

L'Agence Internationale de l'Energie, qu'on pourrait réduire au rôle d'organe de propagande de l'OCDE, vilipende la Chine dans ces derniers rapports :  objectif sociétal non durable - comme il s'agit tout simplement de l'American Way of Life, on peut applaudir la rhétorique - et émissions catastrophiques de CO2.

Et au-delà des récents incidents de la flamme olympique, le prix des matières essentielles à la survie de la Chine connaît une flambée toute particulière : riz et charbon ont vu leurs prix tripler en quelques mois sur les marchés mondiaux. 

Même la chute du dollar n'est pas une bonne nouvelle pour la Chine : ses réserves de change restent en grande partie fondées sur le billet vert.

Tous les ingrédients d'une guerre économique sont donc déjà sur la table. On se rappelle que, pour certains, la crise financière asiatique de 1997 était la conclusion d'une guerre économique que se seraient livrées Etats-Unis et Japon dans les années 1990. Et d'autres voient dans la fin de l'URSS l'issue d'une autre guerre économique, fondée, elle, sur l'arme d'un prix trop bas du pétrole.

Mais faire perdre la face à l'Empire du Milieu alors que les caméras du monde entier vont toutes se tourner vers lui, est-ce une bonne stratégie ?

par Aerobar Films publié dans : Billet
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Lundi 7 avril 2008
Notre rasade quotidienne en pétrole coûtera de plus en plus cher, mais elle finira par atteindre un maximum pour ensuite redescendre à des niveaux guère plus élevés qu'aujourd'hui. Un nouveau Conte des Mille et Une Nuits ?

On arrive à une telle conclusion si on porte sur un même graphe - après les avoir éventuellement corrigés de la glissade du dollar face à l'euro - les quelques rares prévisions de prix qui aient été émises par des économistes distingués.

En mars dernier, Goldman Sachs a annoncé qu’un baril à $175 était possible d’ici 2010. Pendant ce temps, Fatih Birol, de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), a pronostiqué un baril à $150 en 2030.

En 2006, Pierre-René Bauquis, de Total Professeurs Associés, avait présenté à l’IFP un scénario avec une pointe à environ $200 vers 2020.

Et en 2005, Patrick Artus, de Natixis, avait estimé un prix à $300 hors inflation en 2015, par une simple analyse de l’élasticité-prix de la demande.

Ces différentes estimations, loin d’être contradictoires, pourraient dessiner la courbe future du prix du pétrole dans les 25 prochaines années : après un passage de relais de la pure spéculation actuelle vers une tension offre-demande réelle liée au passage du pic de production, l’arrivée des carburants synthétiques stabiliseraient puis feraient lentement régresser le prix du baril.

Certains s'étaient gaussés des prévisions modérées de Fatih Birol. En fait, il était dans son rôle et ne pouvait pas annoncer les prix extrêmes que nous risquons de prochainement connaître : si l'AIE déclarait que "le pétrole pourrait aller jusqu'à $1000", l'OPEP comprendrait que "l'OCDE est prête à payer $1000 le baril", et ce n'est bien entendu pas dans la mission de l'AIE que de laisser propager de telles idées. L'Agence s'en tire donc par une pirouette rhétorique : elle alerte sur l'arrivée face au mur à court terme, mais ne parle plus de prix qu'à l'asymptote ou presque.
par Aerobar Films publié dans : Au Pays de l'Or Noir
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Dimanche 6 avril 2008
Honnêtement, cette carte de vigilance météo, elle ne vous rappelle pas quelq'un ?
par Aerobar Films publié dans : Chaud devant
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Samedi 5 avril 2008
Internet est sans doute le média qui colporte le plus de prophéties plus ou moins robustes sur la fin prochaine du monde tel que nous le vivons.

Des milliers d'internautes se retrouvent sur des sites communautaires pour échanger leurs peurs et leurs remèdes face à la fin du pétrole, le réchauffement climatique, les catastrophes industrielles, le soulèvement des banlieues et autres jacqueries.

Pourtant, ce qui risque peut-être de disparaître en premier, c'est justement Internet, ou tout au moins le Web 2.0.

On nous avait déjà prédit la fin des blogs, mais c'était surtout pour souligner le manque d'intérêt de la plupart d'entre eux - ce n'est pas le cas de celui-ci, puisque vous le lisez !

Des scientifiques nous ont également alerté sur la non-durabilité des DC-R et autres DVD-R, qui n'est que de 2 à 5 ans. Pour les sauvegardes de vos photos préférées, préférez le disque dur...

Pour en revenir au Web 2.0, il s'agit ni plus ni moins que de la deuxième bulle de l'Internet. Dans un contexte de récession dure, initiée par la crise des subprime, comme celui vers lequel nous semblons nous diriger - l'ancien boss de la Fed, Alan "Bubbles" Greenspan, n'hésite pas à parler de "la plus grave crise financière depuis la Deuxième Guerre Mondiale" - où la consommation devrait chuter et la pauvreté se développer, on voit mal comment des services gratuits et futiles comme ceux qu'offrent Facebook ou YouTube pourraient survivre. Lors d'une dépression économique, les budgets publicitaires s'effondrent et les investisseurs se réfugient sur les placements sûrs... et concrets.

Le Réseau lui-même risque fort de régresser. Internet repose sur une infrastructure de serveurs, entretenus et remplacés aujourd'hui grâce à la bonne santé de l'économie mondiale. Qu'elle soit frappée de plein fouet et l'argent viendra à manquer là comme ailleurs : les serveurs tomberont défintivement en panne, et le réseau deviendra de plus en plus lent. Il n'est heureusement pas prêts de s'effondrer, de par ses principes de conception : Internet était à l'origine un réseau militaire supposé capable de fonctionner même après une guerre nucléaire totale ! Ainsi, même si les sites de vidéo en ligne résistent, ils verront leur audience disparaître, les débits du réseau n'étant plus suffisants pour permettre à un million d'internautes de regarder simultanément Britney Spears en stream.

Science-fiction apocalyptique ? Tout est dans la vitesse à laquelle cette régression se produira. Si un citoyen de l'Empire britannique victorien voyait, cent cinquante ans plus tard, ce qu'est devenu le réseau ferroviaire anglais, il en serait plus que choqué. Le "réseau des réseaux", plus fragile, peut tomber en ruine dix à cent fois plus vite, mais il ne disparaîtra pas. On pourra sans aucun doute s'envoyer des e-mails jusqu'à la fins des temps historiques.

Nous traversons sans doute l'Age d'Or de l'Internet, de la même façon que nos aînés qui vécurent la fantastique aventure des Trente Glorieuses - une expression inventée par un économiste en 1979, soit quelques années après le premier choc pétrolier - ne s'imaginaient pas que cette période historique de croissance et de progrès pouvait avoir une fin.

Le plus savoureux avec la présente prophétie, c'est qu'elle disparaîtra (avec Overblog) de la face du monde le jour même où elle se réalisera...
par Aerobar Films publié dans : Fin d'un monde
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