Internet est sans doute le média qui colporte le plus de prophéties plus ou moins robustes sur la fin prochaine du monde tel que nous le vivons.
Des milliers d'internautes se retrouvent sur des sites communautaires pour échanger leurs peurs et leurs remèdes face à la
fin du
pétrole, le réchauffement climatique, les catastrophes industrielles, le soulèvement des banlieues et autres jacqueries.
Pourtant, ce qui risque peut-être de disparaître en premier, c'est justement Internet, ou tout au moins le
Web 2.0.
On nous avait déjà prédit la fin des blogs, mais c'était surtout pour souligner le manque d'intérêt de la plupart d'entre eux - ce n'est pas le cas de celui-ci, puisque vous le lisez !
Des scientifiques nous ont également alerté sur la non-durabilité des DC-R et autres DVD-R, qui n'est que de 2 à 5 ans. Pour les sauvegardes de vos photos préférées, préférez le disque dur...
Pour en revenir au Web 2.0, il s'agit ni plus ni moins que de la deuxième
bulle de l'Internet. Dans un contexte de récession dure, initiée
par la crise des
subprime, comme celui vers lequel nous semblons nous diriger - l'ancien
boss de la Fed,
Alan "Bubbles" Greenspan, n'hésite pas à parler de
"la plus grave crise financière depuis la Deuxième Guerre Mondiale"
- où la consommation devrait chuter et la pauvreté se développer, on voit mal comment des services gratuits et futiles comme ceux qu'offrent
Facebook ou
YouTube
pourraient survivre. Lors d'une dépression économique, les budgets publicitaires s'effondrent et les investisseurs se réfugient sur les placements sûrs... et concrets.
Le Réseau lui-même risque fort de régresser. Internet repose sur une infrastructure de serveurs, entretenus et remplacés aujourd'hui grâce à la bonne santé de l'économie mondiale. Qu'elle soit
frappée de plein fouet et l'argent viendra à manquer là comme
ailleurs : les serveurs tomberont défintivement en panne, et le
réseau deviendra de plus en plus lent. Il n'est heureusement pas prêts de s'effondrer, de par ses principes de conception : Internet était à l'origine un réseau militaire supposé capable de
fonctionner même après une guerre nucléaire totale ! Ainsi, même si les sites de vidéo en ligne résistent, ils verront leur audience disparaître, les débits du réseau n'étant plus suffisants pour
permettre à un million d'internautes de regarder simultanément Britney Spears en
stream.
Science-fiction apocalyptique ? Tout est dans la vitesse à laquelle cette régression se produira. Si un citoyen de l'Empire britannique victorien voyait, cent cinquante ans plus tard, ce qu'est
devenu le réseau ferroviaire anglais, il en serait plus que choqué. Le "réseau des réseaux", plus fragile, peut tomber en ruine dix à cent fois plus vite, mais il ne disparaîtra pas. On pourra sans
aucun doute s'envoyer des e-mails jusqu'à la fins des temps historiques.
Nous traversons sans doute l'Age d'Or de l'Internet, de la même façon que nos aînés qui vécurent la fantastique aventure des Trente Glorieuses - une expression inventée par
un économiste en 1979, soit quelques années après le premier choc pétrolier - ne s'imaginaient pas que cette période historique de croissance
et de progrès pouvait avoir une fin.
Le plus savoureux avec la présente prophétie, c'est qu'elle disparaîtra (avec Overblog) de la face du monde le jour même où elle se réalisera...