Vendredi 23 mai 2008
Non, il ne s'agira pas ici d'évoquer la rubrique radio de Jean-Marie Pelt, mais de signaler le n-ième galvaudage d'une expression qui voulait changer le monde, récolté au sein d'un article du Monde traitant des nouveaux sex-shops chics  :
Clochette "ring for sex", petite bougie en forme d'homme ou de femme pour "consumer son ex", livre "Tout ce que les hommes savent des femmes" qui ne comporte que des pages blanches, petite lingette à main pour "laver vos péchés", les gadgets inutiles se mélangent aux tenues d'infirmière, aux cosmétiques Yes for Love et au kit "pole dancing" pour tenter d'imiter Kim Basinger dans "9 semaines 1/2". "C'est une de nos meilleures ventes", constate Patrick Pruvot, responsable du Passage du Désir. Cet ancien publicitaire a gardé le sens de la formule : "Nous faisons du développement durable du couple."


par Aerobar Films publié dans : Dérisoirement Durable
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Jeudi 22 mai 2008
Alors que le baril est en permanence flashé par les médias alors qu'il bat des records au-delà des $130, on commence à voir dans la rue et dans les airs le futur proche de la mobilité.

Contrairement à ce que certains craignent ou attendent avec impatience, nous pensons que le retour généralisé au vélo et au char à boeufs n'est pas encore à l'ordre du jour.

Aujourd'hui, les deux pétroleuses que sont l'automobile et l'avion règnent sans conteste sur les besoins de mobilité des personnes allant de 1 à 10 000 km.

La voie ferrée est certes une alternative, mais elle n'a réussi à s'imposer que sur le terrain bien particulier de la métropole d'importance nationale (tramways et métros) et de ses connexions avec les métropoles voisines (TGV) ; partout ailleurs, elle est une solution d'appoint. Encore importante en Europe et dans certains pays d'Asie, elle est devenue inexistante en Amérique du Nord.

Les investissements gigantesques nécessaires pour son re-développement reportent à un futur lointain et hypothétique la domination du rail sur la route et l'air.

Alors, que va-t-il se passer dans le domaine de la mobilité des personnes ? Le schéma ci-dessous est une première base de prospective concernant les moyens de transport dominants.



Nous avons déjà évacué ici la question désuète de l'hydrogène, nous ne reviendrons pas sur cette solution d'avenir qui le restera.

On parle beaucoup de véhicules électriques, mais nous estimons qu'il ne deviendront réellement dominants que lorsque le pétrole - et donc les autres combustibles fossiles - seront devenus hors de prix, car épuisés ou bannis par des taxes écrasantes. Ils commenceront à se développer sur les usages urbains, en concurrençant le segment de la deuxième voiture, celle qui ne sert que pour aller faire les courses et au bureau.

Les véhicules hybrides resteront un marché de niche, de par leur coût élevé. Pour les millions de travailleurs qui doivent parcourir quelques kilomètres, voire quelques dizaines de kilomètres, pour rejoindre leur lieu de travail, un scooter sera une solution immédiatement disponible et moins coûteuse à l'achat comme à l'usage.

La banale berline deviendra donc, petit à petit, un véhicule réservé aux grandes transhumances du week-end et des vacances, comme elle l'était d'ailleurs il n'y a pas si longtemps. Une familiale moderne, chargé de 4 à 5 passagers et leurs bagages, consomme à peine plus d'un litre par passager et par 100 km si elle est conduite "pépère", soit trois fois moins qu'un Airbus dernière génération. Le plein restera coûteux, mais les conducteurs feront des économies ailleurs - en évitant les autoroutes à péage, par exemple.

Les classes les plus aisées et les voyageurs d'affaires emprunteront de plus en plus des petits avions, jets d'affaires ou régionaux, car la classe économique qui, derrière eux, subventionnait une partie des coûts, aura disparu. Lufthansa a déjà annoncé la création d'une nouvelle compagnie d'affaires placée précisément sur ce nouveau segment. Et si on parle beaucoup des difficultés d'Airbus aujourd'hui, chez Dassault ou Cessna, deux constructeurs de ces jets élitistes, on ne cesse de sabler le champagne : le carnet de commandes gonfle, gonfle, gonfle...
par Aerobar Films publié dans : Fin d'un monde
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Mardi 20 mai 2008
A gauche d'un article récent du Monde sur la capture et le stockage du carbone (CCS), un encadré signale que Greenpeace, dans un rapport publié le 6 mai dernier et intitulé Faux espoir (False hope) - comme un de nos articles, d'ailleurs - explique "pourquoi la captation et le stockage du carbone ne sauvera pas le climat".

Cette nouvelle posture aussi radicale que provocatrice ne nous étonne qu'à moitié, il y avait eu des prémisses dont nous avions fait écho.

Comme d'habitude, il ne s'agit que d'une plaquette de propagande : aucune étude propre ne vient corroborer la position martelée par l'ONG tout au long des 44 pages de ce document qui pourrait faire sienne l'ancienne devise de Paris-Match : "le poids des mots, le choc des photos".

Greenpeace se contente en effet de citer les études scientifiques qui vont dans le sens de son pitch (en français : boniment), ce qui donne un aspect argumenté, pseudo-scientifique, à l'opuscule, et de conclure par son célèbre leitmotiv :
Le marché des énergies renouvelables est en plein boom. En 2007, l'investissement annuel mondial dans les renouvelables a dépassé les 100 milliards de dollars.
Crise subprime oblige, on est curieux de savoir si ce montant sera aussi élevé en 2008. Pour avoir une idée de ce que représente 100 milliards de dollars d'investissement à l'échelle de l'économie mondiale, nous vous recommandons un petit tour sur notre page des ordres de grandeur, qui vous permettra de calculer que la seule Russie dépense à peu près ce montant chaque année pour construire de nouvelles centrales au charbon et au gaz, sans CCS bien entendu.
Des décennies de progrès technique ont rendu opérationnelles des technologies comme les éoliennes, les panneaux solaires photovoltaïques, les centrales électriques à biomasse et les collecteurs solaires thermiques.
On l'aura compris : cette année Greenpeace a obtenu des budgets publicitaires importants de la part de l'industrie des énergies renouvelables. Qu'une part importante des émissions de CO2 proviennent du secteur du transport, pour lequel les éoliennes ou les centrales à biomasse ne sont d'aucun secours, ne pose pas de problème au rédacteur de ce vibrant hymne aux technologies "vertes".
Les mêmes décideurs dans le domaine du climat, qui étaient sceptiques quant au CCS, croient bien plus à la capacité des technologies renouvelables à obtenir des réductions d'émissions de gaz à effet de serre : 74% ont exprimé leur confiance dans l'eau chaude solaire, 62% dans les fermes éoliennes offshore et 60% dans les fermes éoliennes terrestres.
Nous tombons là dans le discours typique du vendeur de lessive et des 49 marques de lave-linge qui recommandent son produit. Inutile de pousser plus loin la traduction, nous n'allons pas tarder à tomber sur le bon de commande.

Il y en a qui se plaignent de la faible transparence de telles organisations : dans le cas présent, il est pourtant facile de comprendre d'où vient l'argent.

En cherchant à ralentir voire empêcher le déploiement du CCS - et donc en permettant à plusieurs milliards de m3 de CO2 de plus de rejoindre l'atmosphère - on peut se demander si les auteurs de cet article ont conscience du fait que les prochaines générations pourraient un jour les poursuivre pour apologie de crimes contre l'humanité.
par Aerobar Films publié dans : Dérisoirement Durable
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Lundi 19 mai 2008
La capture et le stockage du carbone (CCS) sont-ils des procédés économiquement viables à l'échelle industrielle ? Un intéressant article d'Hervé Kempf dans le Monde nous fournit quelques informations nouvelles sur la question.

Sur la plateforme pétrolière de Sleipner, en pleine Mer du Nord, à mi-chemin entre l'Ecosse et le Danemark, le CO2 qui fuse des puits de gaz est réinjecté dans un aquifère salin proche.

Certes, il y a des conditions d'enfouissement plus simples. Mais les volumes traités - quelques millions de m3 par jour, sachant qu'un million de m3 équivaut au volume de la Grande Arche de la Défense - nous placent clairement à l'échelle industrielle et non à celle du laboratoire de chimie.

Cette installation n'existe et ne fonctionne que parce que la Norvège taxe lourdement (plus de 40 € la tonne, soit près de $70) les émissions de CO2. Cela a donc contraint StatoilHydro, l'opérateur de la plateforme, à la mise en oeuvre de ce dispositif innovant. Malgré cette taxe, un tiers du gaz carbonique qui sort de sous la mer, soit 900 000 tonnes par an*, continue pourtant d'être volontairement relâché dans l'atmosphère, pour des raisons apparemment technico-économiques

Malgré un coût plus de deux fois supérieur au cours actuel du CO2 sur PowerNext, on constate donc que sa capture et son stockage sont loin d'être systématiques. Et ce coût provient d'une taxe, plus stable dans le temps qu'un cours qui peut facilement s'effondrer, alors que les Etats ont toujours tendance à augmenter le montant des taxes existantes plutôt qu'à les rabaisser.

Autrement dit, même avec un cours de la tonne de carbone atteignant 50 €, l'équation économique sera sans doute insuffisante pour pousser les industriels à s'équiper. Sans aller toutefois jusqu'à égaler le prix du diamant, le prix du carbone doit changer d'ordre de grandeur pour provoquer la fameuse "révolution verte" de l'industrie énergétique.

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 * 1 tonne de CO2 occupe un volume d'environ 500 m3 à pression et température ordinaires
par Aerobar Films publié dans : Les billets aussi sont verts
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Lundi 19 mai 2008
On a déjà évoqué ici le dégonflement de la baudruche de la voiture à hydrogène.

Dans le secteur des transports, il existe un autre délire technologique : l'avion à hydrogène. EADS s'est vaguement creusé la tête pour savoir à quoi il ressemblerait (voir ci-contre).

Il s'agit là d'une propulsion classique à réaction, l'hydrogène étant brûlé dans des turboréacteurs, comme l'est aujourd'hui le jet fuel.

Le carburant nécessitant d'être stocké dans des réservoirs sous pression, il faut abandonner l'architecture conventionnelle des réservoirs d'aile et tout remettre au centre.

Résultat : le fuselage perd toute son élégance alors que les ailes deviennent fines comme du papier. En terme de résistance des matériaux, voilà qui annoncent quelques beaux défis pour les spécialistes en aérostructures.

Un seul tout petit problème : le résultat de la combustion sera exclusivement de la vapeur d'eau. En pratique, l'avion sera donc suivi d'un panache de vapeur d'eau aussi impressionnant, toutes proportions gardées, que ceux d'Ariane 5 ou de la navette spatiale (voir ci-contre).

Et si la vapeur d'eau n'est pas nocive, de telles traînées de condensation provoquent un forçage radiatif encore plus puissant que celui du CO2 qu'elle est supposée remplacer en sortie réacteur de ces avions futuristes.

Bref, l'avion de ligne à hydrogène est encore un concept qui ne verra le jour que si nous décidons de nous asseoir définitivement sur la réduction du risque climatique.

Côté EADS, les dernières études sur la question (dont provient l'image ci-dessus) datent de 2001. Il est probable qu'on a aujourd'hui, à Toulouse comme à Hambourg, des sujets bien plus fondamentaux à traiter.

Quant à Boeing, il se contente de faire voler des petits démonstrateurs à hélice qui ont le bon goût de rester à basse altitude, et dont le but principal est de valider la technologie des piles à combustible embarquées.

La pile à combustible volante a en effet plus d'avenir... mais dans des drones ou des missiles, plutôt qu'à bord de gros porteurs.
par Aerobar Films publié dans : Dérisoirement Durable
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Lundi 19 mai 2008
Le secteur de l'énergie est très clairement capitalistique. Ne pourrait-on pas dans ce cas adapter à cette industrie le célèbre jeu de Monopoly ? Le dessin ci-dessous est la première version d'un tel projet.


Plutôt que de chercher à passer certains messages, comme nous l'avions fait à la fin de la vidéo Subprime Street, nous nous sommes ici contentés de faire des parallèles entre les règles du jeu et la façon dont le secteur de l'énergie nous semble aujourd'hui fonctionner en Europe.

Ainsi, les rues, gares et compagnies de services publics ont été remplacées par différentes filières de production électrique. Le classement est fait en fonction de l'investissement initial nécessaire, comme dans le jeu original, mâtiné des coûts marginaux d'exploitation. C'est ce qui explique la très mauvaise position de la centrale au fioul, facile à construire mais de plus en plus coûteuse à faire fonctionner, si ce n'est pour fournir de l'électricité aux heures de pointe.

Une évolution consisterait à leur donner à chacune le nom d'un des opérateurs européens le plus représentatif de cette filière. Ainsi, EDF serait assez incontournable pour l'avenue des Champs-Elysées ou la rue de la Paix, tandis qu'un acteur récent comme Poweo ne serait pas mal placé au boulevard de la Villette.

Certains vont trouver la part des énergies renouvelables trop faible. Pourtant, elles bénéficient de 8 cases (sans compter l'incinération de déchets) sur les 28 achetables, soit près de 30% du marché.

Le choix d'affecter fermes éoliennes et solaires aux cases initialement occupées par la Compagnie d'Electricité et la Compagnie des Eaux cherche à répliquer le caractère variable de ces investissements : rappelons que le propriétaire de ces cases touchera un loyer égal au montant des dés obtenus par celui ou celle qui s'y arrêtera. Comme il est également impossible d'y construire maisons (simples centrales isolées) ou hôtels (complexes énergético-industriels), il est impossible de transformer ces sites en cathédrales de production électrique massive, ce qui est bien le cas des fermes renouvelables.

Les barrages s'imposent comme remplaçants pour les gares : une fois construits, ils rapportent régulièrement. En posséder trois ou quatre, c'est devenir un acteur indispensable du système électrique européen, avec les revenus confortables qui vont avec.

La prison a été remplacé par le Ministère de l'Energie, à qui on peut simplement rendre visite pour un peu de lobbying, mais qui peut aussi décider de vous nationaliser. Heureusement, dans le jeu, on finit toujours par revenir dans le secteur privé...

Le parc gratuit est devenu un passage en Bourse, qui permet de récolter, selon le moment de la partie, un peu, beaucoup ou pas du tout d'argent.

Enfin, on a conservé l'impôt sur le revenu, transformé la taxe de luxe en taxe carbone - l'icône représentant un diamant peut donc même être conservée ! - et converti les surprises, bonnes ou mauvaises, issues de la Caisse de Communauté en directives imprévisibles de la Commission Européenne. Les cases Chance ont été conservées, il sera possible de glisser dans les cartes correspondantes quelques événements liés à l'activisme environnemental... ou au coût et à la disponibilité des matières premières.
par Aerobar Films publié dans : Les billets aussi sont verts
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Vendredi 16 mai 2008
Au fur et à mesure de l'actualité et de nos vagabondages sur la Toile, nous avons décidé d'attribuer, quand l'occasion se présentera, des labels Dérisoirement Durable™.

En passant sur cette page des Charbonnages de France, nous avons beaucoup hésité en lisant cette lyrique conclusion :
Le challenge des prochaines années pour l'Europe et pour la France ne sera pas de réduire leur dépendance vis à vis du charbon mais d'accélérer le déploiement de technologies de charbon propre qui mettront en valeur son développement durable.
Le développement durable du charbon, il fallait l'oser, surtout sans éclater de rire.

Mais cette semaine, nous remettrons finalement la palme à Big Blue, qui cherche sans doute à faire parler un peu de lui alors que son grand rival HP occupe les manchettes de journaux avec son rachat d'EDS.

Le magazine de publi-rédactionnel économique BusinessWeek titre en effet sans sourciller :
La réponse d'IBM à la crise alimentaire

La Grille Communautaire Mondiale d'IBM et une équipe [de chercheurs] de l'Université de Washington utilise des PC à l'échelle de la planète pour développer de meilleures variétés de riz.
La Grille Communautaire, c'est juste une mise en commun des capacités de calcul d'ordinateurs pour faire du calcul intensif en le distribuant sur des milliers, sinon des millions de machines. L'une des premières applications médiatiques de ce concept fut d'aider le SETI à décoder les signaux radio en provenance de l'espace pour détecter d'éventuelles sources extra-terrestres intelligentes.

Mais les OVNI, même peuplés de petits hommes verts, ce n'est pas green, c'est has been, ce n'est plus à la mode. En ce moment, ce qui excite les attachés de presse, c'est ce qui sauve la planète !

Alors, le service Corporate Communication d'IBM cherche frénétiquement ce qui ferait que la Maison Bleue puisse être repeinte en vert. Et elle déniche ce projet de génie génétique ! Rassurez-vous, il ne s'agit que d'accélérer un processus d'hybridation artificielle, pas de créer des OGM...

Mais bon, cela reste un peu tiède : simuler des croisements de variété de riz, voilà qui aurait sans doute fait tourner la tête à Mendel, mais qui laissera sans doute de glace l'homme de la rue. L'idée géniale fuse alors : déclarons que c'est la solution aux émeutes de la faim, tout simplement !

Hélas, ce n'est parce qu'on sait faire de la sauvegarde de données informatiques qu'on est capable de prendre en main la sauvegarde de l'humanité. Dérisoirement durable...
par Aerobar Films publié dans : Dérisoirement Durable
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Vendredi 16 mai 2008
On a l'habitude d'identifier les principaux émetteurs de CO2 fossile en se fondant sur leur consommation de charbon, pétrole et gaz naturel. Mais peut-on pour autant exonérer de leurs responsabilités ceux qui extraient ces combustibles fossiles de leur sous-sol ?

Après tout, quand il s'agit de drogues, ce sont surtout les producteurs et les trafiquants qu'on poursuit et qu'on condamne.

Partant de l'incontournable base de données BP, nous avons donc cherché à identifier les Douze Salopeurs, à savoir les douze pays qui extraient le plus de carbone fossile, que ce soit pour leur consommation personnelle ou pour le revendre à d'autres nations consommatrices moins bien dotées en ressources. Le graphe ci-dessous illustre ce sombre Hall of Shame :
Les Douze Salopeurs extraient à eux seuls un tiers du carbone fossile qui est envoyé dans l'atmosphère.

Sans surprise, on trouve, bien en tête, le couple infernal Chine-USA.

Mais, les talonnant, la Russie décroche une belle médaille de bronze. L'Australie obtient également une très belle sixième place, quasiment ex-aequo avec l'Arabie Saoudite. Et le Canada, avec sa belle feuille d'érable renouvelable dans son drapeau, n'a pas vraiment à rougir de sa position.

Pétrole, gaz et charbon étant aujourd'hui à des prix records grâce aux bulles spéculatives en cours sur les matières premières, ce petit tableau d'horreur sans prétention permet de voir où les principales puissances mondiales déversent en ce moment leurs "carbo-dollars" pour alimenter les feux de leurs économies.

Et, du même coup, on obtient la liste des plus grands adversaires potentiels d'une taxe carbone mondiale.
par Aerobar Films publié dans : Gros temps sur la planète
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Mercredi 14 mai 2008
Avec la commémoration lourdingue de Mai 68, ce slogan nous semble tout trouvé pour ce que nous concocte le bon vieil Océan Atlantique Nord...

La dernière carte de la NOAA montrant les anomalies de température de surface de la mer nous montre en effet un océan bien chaud au large de nos côtes !


Le rouge profond qui caractérise la Mer du Nord correspond à une température de surface de 5°C supérieure à la normale : on va bientôt voir les plongeurs d'Acapulco sauter depuis les plateformes pétrolières de Shell ou de BP...

... Et ce d'autant plus que le Golfe du Mexique n'est pas extraordinairement chaud pour le moment. Il va falloir attendre un peu avant de déclencher l'alerte à l'ouragan de catégorie 5.

Pour en revenir à l'Europe (et même à l'Afrique du Nord), les vents d'Ouest dominants ne nous apporteront pas vraiment la fraîcheur vu comme ils vont se radoucir au contact de l'Océan.

Et la banquise polaire risque de battre un nouveau record de fonte... Voilà une pierre de plus dans le jardin en trompe-l'oeil de ceux qui nous annoncent à grand fracas et apparemment à tort un prochain refroidissement global.
par Aerobar Films publié dans : Chaud devant
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Mardi 13 mai 2008

Selon un prétendu proverbe chinois, mille jurons n'ont jamais déchiré une seule chemise.

A l'heure où nombreux se penchent à nouveau quotidiennement sur la situation de la banquise polaire arctique, ce petit graphique simplissime montre que mille colloques ne semblent pas non plus capables d'interrompre la transformation du climat de notre planète.

Plutôt que de nous maintenir encore dix ou vingt ans dans l'illusion que nous sommes en train de mettre en place, de façon universelle, un modèle de développement réellement durable de l'humanité, il serait plus raisonnable de reconnaître notre échec complet.

A l'échelle des nations, ceux qui tentent de décrocher le maillot vert sont souvent les plus schizophrènes. Les Pays-Bas se veulent le royaume de la petite reine mais ont vendu du méthane par millions de m3 à l'Europe entière. Le Danemark est très fier de ses éoliennes, mais beaucoup moins de ses plateformes offshore. La Norvège produit pratiquement toute son électricité grâce à la force hydraulique, mais noie la planète sous ses exportations de pétrole.

La position actuelle des Etats-Unis, qui n'ont toujours pas ratifié le protocole de Kyoto, a au moins la mérite de la franchise.

Peut-être faisons-nous preuve d'ambition démesurée à vouloir transformer en profondeur nos civilisations en quelques décennies par le simple truchement de taxes, de marchés de crédits d'émission et de modifications marginales de nos comportements.

Sans pour autant arrêter ce qui va dans le bon sens sans rien coûter, laissons tomber les autres efforts de prévention, souvent coûteux et au résultat aléatoire (capture et stockage du CO2, véhicules très faible consommation, etc) et consacrons les quelques années de tranquillité qui nous reste à concevoir exclusivement les soins curatifs que nous devrons apporter à la planète quand elle sera plus chaude... de six degrés.

Il n'est plus temps d'espérer la solution technologique miracle qui ne viendra pas : rappelons que l'énergie atomique n'a pas été découverte parce qu'on a cherché une alternative aux combustibles fossiles. Le temps est venu d'investir exclusivement dans les infrastructures qui nous permettront de survivre à un climat inédit.

Bref, construisons des digues plutôt que des voitures électriques.
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Article également publié sur AgoraVox
par Aerobar Films publié dans : Dérisoirement Durable
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